Aller au contenu principal
Fermer

Un krach obligataire obligatoire ?
information fournie par Boursorama 16/06/2017 à 18:33

Ce 14 juin, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé une augmentation d'un quart de point de ses taux directeurs (1 à 1,25%). Une annonce qui sera suivie, d'après les dirigeants de l'institution, d'une nouvelle hausse d'ici la fin de l'année.

C'est un scénario qui inquiète depuis longtemps maintenant : le risque de crise obligataire qui reste très présent sur le marché américain et sur les marchés européens. « Chaque resserrement de politique monétaire précède une crise économique ou financière : en 1982, il y a la crise de l'Amérique latine, en 1987, c'est le krach action, et au krach asiatique en 1997 », explique Franck Dedieu, professeur d'économie à l'IPAG Business School et invité d'Ecorama le 14 juin dernier.

Si les taux sont bas, le véritable problème réside dans la justification de ces politiques monétaires par les banques centrales. « Des taux aussi bas se justifient par la déflation, or on ne la voit plus, une croissance économique absolument à l'arrêt, et un assainissement des budgets des Etats ou l'on se dit qu'ils n'ont pas de problèmes sur leur capacité à rembourser. »

En Europe surtout, les taux sont particulièrement accommodants dans le but d'éviter la déflation.  Une politique monétaire maintenue, au moins jusqu'en 2018, malgré la mauvaise santé économique de certains pays : « L'Italie, qui est tout de même en proie à une dette énorme (132% de son PIB) emprunte à 1,8%. La France elle a même emprunté à des taux négatifs sur cinq ans, c'est-à-dire qu'elle gagne de l'argent ». Une situation improbable qui fait craindre au professeur d'économie un réveil compliqué pour les économies habituées à cette situation depuis 2013.

« Le risque réside désormais sur l'augmentation des taux. »

Une remontée des taux sera en effet inévitable. Si les banques centrales effectuent des manipulations en douceur, elles ne doivent pas tenir de telles politiques trop longtemps. « Vous avez des taux qui sont si bas qu'ils ne reflètent pas la réalité des choses. »

Apparait alors le risque crée par l'effet de la remontée de ces taux : « Nous allons rentrer dans un monde où il y aura moins de facilités monétaires, peut-être un peu d'inflation, il y aura une nouvelle normalité. » Une nouvelle norme qui va dépendre d'une stabilité de l'économie. Le moindre renversement brutal de l'économie, que ce soit une croissance forte où un incident « politique ou financier », changerait ainsi la donne et pourrait entrainer l'économie mondiale vers un nouveau krach boursier.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Des rebelles touaregs de la coalition du Front de libération de l'Azawad (FLA)  à l'arrière d'un pick-up à Kidal, le 26 avril 2026 au Mali ( AFP / - )
    information fournie par AFP 29.04.2026 00:42 

    Le chef de la junte au Mali, Assimi Goïta, a affirmé mardi que la situation sécuritaire dans le pays était "maîtrisée", trois jours après des attaques sans précédent menées par des groupes armés contre des positions stratégiques de la junte, plus que jamais affaiblie. ... Lire la suite

  • Des véhicules passent devant un immense panneau d'affichage sur lequel est écrit "Le détroit d'Ormuz reste fermé", sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026, en Iran ( AFP / ATTA KENARE )
    information fournie par AFP 29.04.2026 00:27 

    Les efforts visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient semblaient au point mort mardi, les Etats-Unis apparaissant sceptiques sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz, toujours quasiment paralysé. La réouverture du détroit, ... Lire la suite

  • L'ancien directeur du FBI James Comey à la Brookings Institution à Washington, le 11 mai 2018 ( AFP / Brendan Smialowski )
    information fournie par AFP 29.04.2026 00:10 

    L'ex-directeur du FBI James Comey, cible désignée de la vindicte de Donald Trump, a été de nouveau inculpé mardi, cette fois pour avoir menacé "la vie et l'intégrité physique" du président américain, selon l'accusation. James Comey, 65 ans, est visé par deux chefs ... Lire la suite

  • Un tigre du Bengale dans son enclos du  zoo national de Dacca, le 7 avril 2026 au Bangladesh ( AFP / Munir UZ ZAMAN )
    information fournie par AFP 28.04.2026 23:32 

    Pendant des siècles, il a été le roi des Sundarbans. Féroce, redouté et célébré. Mais le règne du tigre sur cette immense mangrove du sud du Bangladesh s'achève peut-être, sous les coups conjugués des humains et du changement climatique. Abdul Goni Gazi est l'un ... Lire la suite

Pages les plus populaires