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Un juge suspend la refonte de la politique vaccinale américaine par l'administration Trump
information fournie par AFP 17/03/2026 à 00:24

Le ministre américain de la Santé Robert Kennedy Jr. au Congrès américain le 24 février 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Le ministre américain de la Santé Robert Kennedy Jr. au Congrès américain le 24 février 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Un juge fédéral a suspendu lundi la refonte de la politique vaccinale américaine initiée par le ministre de la Santé de Donald Trump, le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, selon une décision consultée par l'AFP.

Estimant que le gouvernement américain "a fait fi" des méthodes basées sur la science normalement utilisées pour justifier de telles décisions, ce juge du Massachusetts, Etat du nord-est des Etats-Unis, a bloqué, au moins temporairement, plusieurs changements apportés l'an passé par l'administration Trump aux recommandations et calendriers vaccinaux.

Cette suspension porte ainsi un coup dur à la refonte de la politique vaccinale promue par le ministre de la Santé et vivement décriée par nombre de médecins.

Sollicité par l'AFP, un porte-parole du ministère de la Santé américain a déclaré attendre "avec impatience que la décision de ce juge soit annulée".

Cette dernière faisait suite à une plainte déposée en juillet dernier par plusieurs associations de soignants, dont l'Académie américaine de pédiatrie (AAP) et la société américaine d'infectiologie (IDSA), qui accusaient le ministre, connu pour ses positions de longue date contre les vaccins, d'avoir enfreint la loi en changeant de manière unilatérale les recommandations vaccinales sur le Covid-19.

En mai 2025, Robert Kennedy Jr avait annoncé sur ses réseaux sociaux que les autorités fédérales ne recommanderaient désormais plus les vaccins contre le Covid-19 aux enfants et femmes enceintes.

- Experts limogés -

Les organisations dénonçaient également le limogeage par RFK Jr de l'ensemble des experts d'un éminent groupe chargé d'émettre des recommandations vaccinales aux Etats-Unis dit ACIP et leur remplacement par des personnalités pour beaucoup contestées pour leur manque d'expertise ou leur relais d'informations fausses sur les vaccins.

Dans sa décision, le juge note que sur "les quinze membres" actuels du comité "seuls six semblent posséder une expérience significative dans le domaine des vaccins" alors qu'il s'agit pourtant du coeur de leur mission.

Ces derniers ont en effet chamboulé depuis leur nomination les recommandations vaccinales américaines, en cessant notamment de recommander le vaccin contre l'hépatite B à l'ensemble des nouveaux nés et en changeant les recommandations vaccinales sur le Covid-19 et la rougeole, toujours contre l'avis de nombreux soignants.

Autant de décisions suspendues jusqu'à nouvel ordre par le juge.

Le comité, qui devait par ailleurs se réunir plus tard cette semaine pour émettre d'autres recommandations, voit également ses activités suspendues.

- "Victoire pour la santé publique" -

Pour Jason Goldman de l'American College of Physicians, cette décision constitue une "victoire pour la santé publique et réaffirme que la politique nationale en matière de vaccination doit s'appuyer sur des données scientifiques rigoureuses et fondées sur des preuves, et non sur des considérations politiques".

"Le consensus scientifique et montagnes de données montrent que les vaccins sont sûrs et efficaces", a-t-il rappelé dans un communiqué.

Le ministre Robert Kennedy Jr a régulièrement remis en question la sûreté des vaccins depuis son entrée en fonction et a amorcé une profonde refonte de la politique vaccinale mais aussi des agences sanitaires américaines à coups de licenciements importants et coupes budgétaires massives.

Il "a semé une confusion et une méfiance inutiles autour des recommandations en matière de vaccination", a lui fustigé Ronald Nahass, président de la société américaine d'infectiologie, en saluant ce revers imposé à l'administration Trump.

Le gouvernement américain devrait toutefois faire appel de cette décision, qui devrait ouvrir la voie à un long feuilleton judiciaire.

1 commentaire

  • 17 mars 10:27

    Robert Kennedy a parfaitement raison : le lobby pharmaceutique n'est qu'un business qui n'en a rien à faire de la santé des populations. Tout est pipé : les laboratoires font ce qu'ils veulent et la plupart des intervenants politiques et médicaux sont corrompus. La vraie science est bafouée au profit d'un business lucratif : celui des vaccins qui font plus de mal que de bien. La crise du Covid en est la parfaite illustration dans le monde entier.


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