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Un deuxième tour des municipales très disputé avant de mettre le cap sur 2027
information fournie par Reuters 22/03/2026 à 06:22

PHOTO DE FICHIER : Affiches des candidats à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire et Rachida Dati

PHOTO DE FICHIER : Affiches des candidats à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire et Rachida Dati

Les électeurs de plus de 1.500 communes de France sont appelés aux urnes ce dimanche pour un ‌deuxième tour des élections municipales incertain dans la plupart des grandes villes, de Paris à Marseille en passant par Lyon, Nantes, Lille et Strasbourg.

Au premier tour, plus des deux tiers des quelque 35.000 communes du ​pays n'avaient qu'une seule liste, ce qui a favorisé l'abstention, proche de 43% au niveau national.

Au terme de tractations qui ont permis des alliances parfois critiquées, notamment entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI), le nombre de listes s'est réduit.

Il en reste toutefois cinq dans 17 communes du pays, qui compte aussi 171 quadrangulaires et 821 triangulaires.

Ce dernier cas de figure se présente à Paris où la candidate des Républicains (LR) ​soutenue par le MoDem et l'UDI Rachida Dati profite de la fusion avec la liste centriste (Horizons et Renaissance, 11,3%) de Pierre-Yves Bournazel et du retrait de celle de Sarah Knafo (Reconquête, 10,4%) pour espérer rattraper les 13 points de retard (25,5%) sur son adversaire de la gauche unie ​Emmanuel Grégoire (38%).

La dynamique de l'ex-adjoint d'Anne Hidalgo est freinée par le maintien au second tour de la candidate ⁠LFI Sophia Chikirou (11,7%).

"Rachida Dati peut bénéficier du soutien des électeurs de Sarah Knafo, dont on peut penser qu'il se reporteront plus facilement sur Rachida Dati que ceux de Pierre-Yves Bournazel. Ça ‌risque d'être plus serré que ce que l'on croyait", commente Anne Muxel, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique.

"ALLIANCE DE LA HONTE"

La semaine a aussi été marquée par les rapprochements locaux entre des candidats PS et insoumis pour faire barrage à la droite, en contradiction avec la distance, voire la rupture, avec LFI ​prônée par une partie des socialistes et de leurs alliés comme l'ancien président ‌François Hollande et l'eurodéputé Raphaël Glucksmann.

"La gauche par moments peut s'unir électoralement mais on sait qu'il y a des rapports de forces, des conflits, ⁠des clivages très importants et avant ces élections municipales, ils se sont exprimés fortement", a dit Anne Muxel à Reuters.

Vainqueurs au premier tour à Saint-Denis, bien placés à Roubaix, LFI s'est révélée incontournable en maints endroits, mettant à mal la consigne du PS de refuser tout accord national avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, accusé d'antisémitisme et de complaisance avec des groupuscules violents.

Le parti à la rose a noué avec LFI ⁠des accords - fusions totales (gouvernance commune en cas ‌de victoire) ou "techniques" (LFI ne participera pas à l'exécutif) - à Lyon, Toulouse, Limoges, Avignon, Brest, Tulle, Besançon, Clermont-Ferrand et Nantes, notamment.

Des rapprochements qualifiés d'"alliances de la honte" par l'ancien ⁠président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, candidat de la droite et du centre en difficulté à Lyon face au maire sortant Grégory Doucet, allié à LFI et aux écologistes.

Autre cas de figure à Lille, où ‌l'édile socialiste sortant Arnaud Deslandes s'est allié à l'écologiste Stéphane Baly face à l'insoumise Lahouaria Addouche.

"LFI et Jean-Luc Mélenchon sont en meilleure position qu'ils ne l'étaient avant le premier tour ⁠et reviennent en force dans ce qui va constituer les alliances, les arbitrages possibles en vue d'une primaire et une candidature unique de la ⁠gauche à la présidentielle", dit Anne Muxel.

A Strasbourg la ‌situation est baroque : la socialiste Catherine Trautmann, en tête au premier tour, s'est alliée au candidat Horizons Pierre Jakubowic pour contrer la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian alliée à l'insoumis Florian Kobryn, et le ​LR Jean-Philippe Vette.

A Bordeaux, le maire écologiste sortant Pierre Hurmic, à la tête d'une union de la gauche, est ‌en danger face au candidat Renaissance Thomas Cazenave, qui espère bénéficier du retrait de l'économiste Philippe Dessertine pour l'emporter.

"ANCRAGE" DU RASSEMBLEMENT NATIONAL

Au Havre, la possible victoire du maire sortant Edouard Philippe (plus de 43% au premier tour) pourrait dégager la route de ​l'ancien Premier ministre vers l'élection présidentielle.

Mais le chemin est encore long vers l'Elysée, qui suscite moult convoitises dans un paysage politique très fragmenté depuis les élections législatives anticipées de 2024.

Autre candidat à la magistrature suprême, le président de LR Bruno Retailleau a manoeuvré cette semaine pour préserver son camp sans toutefois répondre aux sirènes du président du RN Jordan Bardella appelant à l'union des "listes de droite sincère".

A Nice, le député ⁠UDR allié au RN Eric Ciotti, partisan de l'"union des droites", est bien placé pour l'emporter face au maire (Horizons) sortant Christian Estrosi.

A Marseille, deuxième ville de France, le candidat LFI Sébastien Delogu s'est retiré pour barrer la route de l'hôtel de ville au RN Franck Allisio, opposé au maire divers gauche sortant Benoît Payan. La candidate LR, Martine Vassal, se maintient.

"Ces municipales ne marquent pas un raz-de-marée du Rassemblement national, loin de là, mais il confirme son ancrage territorial", dit Anne Vexel. "Marseille est une ville symbolique, la compétition électorale y est intense."

Après avoir gagné des villes comme Perpignan et Cagnes-sur-Mer dès le premier tour, le RN espère une victoire dimanche à Toulon, où sa candidate Laure Lavalette a remporté 42% des suffrage au premier tour. Même pari à Menton, où la députée RN Alexandra Masson est arrivée en tête dimanche ​dernier.

(Reportage Elizabeth Pineau, avec Ardee Napolitano, édité par Benoit Van Overstraeten)

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