Régions de France déplore notamment la "légèreté" des votes sur leurs finances ainsi que celles des intercommunalités.
( AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT )
"Ubuesque", inquiétant: les régions et les intercommunalités soulignent l'incohérence des derniers votes à l'Assemblée nationale concernant le sort des collectivités dans le budget 2026, après un geste favorable mardi et un coup de rabot le lendemain, mercredi 14 janvier.
Le Rassemblement national (RN) a obtenu mercredi soir une victoire surprise en faisant adopter un amendement qui réduirait de 4,9 milliards d'euros la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée aux régions et aux 1.254 intercommunalités. Mais la veille, la même Assemblée s'était prononcée, à l'initiative de La France insoumise, en faveur de l'indexation de la DGF sur l'inflation, une forte revendication des associations d'élus pour couvrir la hausse de leurs dépenses tirées par l'inflation. En 2026, cela signifierait une augmentation de 1,3% de la dotation de l'État, soit une hausse de 248 millions d'euros.
Des parlementaires qui "jonglent avec les milliards"
Pour Régions de France, "la chose est complètement ubuesque". Le coup de rabot de mercredi constitue "une grande preuve d'amateurisme et de manque de sérieux" du RN, estime auprès de l'AFP l'association qui représente les 18 régions françaises. "Évidemment que les régions", régulièrement ciblées par le parti d'extrême droite, "ont une gestion budgétaire très serrée, évidemment qu'elles font beaucoup d'économies de fonctionnement et ce n'est pas du tout l'opulence qui est décrite par le Rassemblement national", souligne Régions de France.
Quant à l'incohérence avec le vote en faveur des finances locales de mardi, "ça n'a aucun sens". "Ce qui est assez scandaleux, c'est la légèreté avec laquelle on aborde ces questions alors que derrière, la DGF finance des services du quotidien", regrette la même source. "On a quand même l'impression que certains parlementaires jonglent avec des milliards sans trop se rendre compte des conséquences très concrètes pour les citoyens." Du côté des intercommunalités, "on reste très, très inquiets du déroulé des débats sur les finances des collectivités locales", a déclaré Sébastien Miossec, président délégué d'Intercommunalités de France, jeudi lors d'une conférence de presse à Paris. Le président de Quimperlé Communauté peine à analyser les votes sans cohérence des députés : "En tirer des lectures, j'avoue que je vais pas forcément m'y risquer. Pour comprendre pourquoi tel amendement a été voté ou pas par certains groupes, ça me dépasse un peu."
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