Un immeuble résidentiel détruit à Kiev, le 2 juillet 2026 ( AFP / Genya SAVILOV )
Des drones et missiles russes ont massivement frappé Kiev dans la nuit, faisant au moins treize morts et près de 90 blessés, lors de la pire attaque sur la capitale ukrainienne depuis 2022, selon les autorités qui réclament à leurs alliés des système de défense antiaérienne.
"A l'heure actuelle, il y a 13 morts", a indiqué le maire de Kiev Vitali Klitschko, précisant que les recherches de survivants sont toujours en cours sous les gravats d'immeubles résidentiels.
Près de 90 personnes ont été blessées. Des pans entiers d'immeubles résidentiels se sont effondrés; un bâtiment abritant des ambulances a été touché.
Il s'agit de la plus grosse attaque sur la capitale depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, a affirmé le maire, qui a déclaré vendredi "jour de deuil".
"Ne retardez pas les décisions concernant la défense aérienne pour l'Ukraine ! C'est notre principale demande à nos partenaires après une nuit d'horreur à Kiev", a exhorté le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui aussi réclamé plus de soutien des alliés de l'Ukraine, demandant en particulier une licence des Etats-Unis pour pouvoir produire les missiles Patriot.
La veille, il avait indiqué depuis Dublin rentrer immédiatement à Kiev, disant craindre une attaque "de grande envergure" de la Russie.
"Nous savons que (Vladimir) Poutine prépare cette frappe massive contre l'Ukraine depuis un certain temps déjà", avait-il dit, appelant les Ukrainiens à "redoubler de prudence pour se protéger".
Selon le ministère russe de la Défense, une "frappe massive" a été menée "en réponse aux attaques terroristes du régime de Kiev contre des infrastructures civiles", assurant que des "entreprises de l'industrie militaire et des sites énergétiques" ont été visés dans Kiev et sa région.
Kiev a intensifié ces derniers mois ses attaques contre le territoire russe, ciblant notamment des infrastructures énergétiques, alors que les négociations sous médiation américaine pour mettre fin à la guerre sont à l'arrêt.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré jeudi qu'elle allait proposer de nouvelles sanctions à l'encontre des "entités soutenant le complexe militaro-industriel russe".
"La cible principale était la ville de Kiev", a indiqué l'armée de l'air ukrainienne, qui a dénombré 74 missiles et 496 drones, dont respectivement 48 et 476 ont été interceptés.
Fuite vers les abris
Des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions pendant des séries d'attaques qui ont duré plusieurs heures.
Après une détonation dans le centre de la capitale, un nuage de fumée s'est élevé, suivi de flammes et de braises, selon un journaliste de l'AFP. Des pompiers et des ambulances sont arrivés rapidement sur place.
Moins d'une heure après la première explosion, les journalistes ont entendu une seconde déflagration près du site de l'impact initial, qui a projeté des débris dans les airs.
De la fumée s’élève après une frappe de missile russe sur la capitale ukrainienne, Kiev, le 2 juillet 2026 ( AFP / Sergei SUPINSKY )
Dans les rues, les habitants ont afflué vers les abris, des matelas sous le bras.
Kateryna Koval, une habitante de Kiev, a expliqué à l'AFP qu'elle avait perdu l'habitude de se réfugier systématiquement dans les abris. "Mais après les dernières attaques, j'ai décidé d'y aller parce qu'il y a eu tout simplement trop de frappes sur des sites civils", a-t-elle souligné, réfugiée dans le métro de la capitale.
"Bien sûr, la situation peut toujours empirer, mais je ne pense pas qu'ils puissent nous intimider", a observé Kateryna Kucheriava, une médecin habitant Kiev.
Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, la capitale est régulièrement la cible d'attaques aériennes meurtrières et parfois massives.
Le 2 juin, une attaque russe massive menée avec 656 drones et 73 missiles a fait 23 morts, dont 16 à Dnipro (centre-est) et sept à Kiev, selon les autorités.
La semaine dernière, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit avoir approuvé une "opération d'influence" de 40 jours contre la Russie, "visant à la contraindre à mettre fin à la guerre".
Des secouristes se reposent sur le site d'un immeuble résidentiel endommagé à la suite d'une frappe aérienne russe sur Kiev, le 2 juillet 2026 ( AFP / Roman PILIPEY )
Le 18 juin, une attaque ukrainienne massive a fait 17 blessés et touché une raffinerie majeure de Moscou, provoquant des explosions et un incendie spectaculaires.
Dans la nuit de mercredi à jeudi en Russie, un civil a été tué dans la région de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, et un autre dans la région de Nijni Novgorod, à 400 km à l'est de Moscou, dans des attaques de drones ukrainiennes, selon les autorités locales respectives.

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