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Trump sur le Groenland : l'UE temporise, Londres refuse de dénoncer, la Russie "suit" la situation
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/01/2025 à 13:25

Le président élu américain estime que le contrôle du Groenland était "une nécessité absolue" pour les États-Unis. Il a refusé d'exclure une annexion par la force.

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 8 janvier 2025. ( AFP / TING SHEN )

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 8 janvier 2025. ( AFP / TING SHEN )

Les déclarations de Donald Trump sur sa volonté d' annexer le canal de Panama ou le Groenland continuent d'agiter les capitales européennes. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a appelé jeudi 9 janvier au respect de la souveraineté et l'intégrité territoriale, tandis que Londres a refusé de "condamner" les visées expansionnistes américaines. Du côté de Moscou, ont "suit de très près l'évolution "dramatique" de la situation.

"Le Groenland fait partie du Danemark (...), nous devons respecter l'intégrité territoriale et la souveraineté du Groenland", a commenté Kaja Kallas, interrogée par quelques journalistes à Bruxelles. La cheffe de la diplomatie européenne a souligné s'être entretenue mercredi avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen. "Elle m'a assuré que les relations entre le Danemark et les Etats-Unis étaient bonnes", a-t-elle affirmé. "Elle m'a également dit que c'était bien que le président élu s'intéresse à l'Arctique, qui est une très importante région, à la fois en termes de sécurité, mais aussi en ce qui concerne le changement climatique", a-t-elle poursuivi.

Au cours d'une conférence de presse organisée mardi, Donald Trump, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier à la Maison Blanche, a refusé d'exclure le recours à la force pour annexer ce territoire autonome du Danemark. Il avait déjà martelé que le contrôle du Groenland était "une nécessité absolue" pour "la sécurité nationale et la liberté à travers le monde", à l'heure où les rivalités avec la Chine et la Russie dans la région augmentent en raison de son importance stratégique et de ses ressources minières supposées.

La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a assuré pour sa part que les États-Unis n'allaient pas "annexer par la force" le Groenland et le canal de Panama, voyant plutôt dans les déclarations de Donald Trump un message destiné à la Chine. "J'exclus que les États-Unis dans les prochaines années se mettent à essayer d'annexer par la force des territoires qui les intéressent" , a-t-elle déclaré au cours de sa conférence de presse annuelle à Rome.

Pour la dirigeante italienne, qui a rendu visite samedi au président élu américain en Floride, ces déclarations sont "davantage un message destiné" à "d'autres grandes puissances plutôt que des revendications hostiles envers ces pays".

"Je n'ai pas pour but de condamner notre plus proche allié", a déclaré le chef de la diplomatie britannique David Lammy, interrogé sur la chaîne Sky News , tout en assurant sur la BBC que ces annexions évoquées par Trump n'allaient "pas se produire".

"Situation dramatique" selon Moscou

Londres se démarque ainsi de certains de ses voisins européens comme Paris et Berlin, qui ont vivement condamné les propos expansionnistes de Donald Trump.

Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a aussi appelé à garder la tête froide : "Nous devrions tous nous rendre service en ralentissant un peu notre rythme cardiaque".

De son côté , le Kremlin a assuré suivre "de très près" la rhétorique "dramatique" du président élu américain Donald Trump. "L'Arctique est une zone de nos intérêts nationaux , nous y sommes présents et continuerons de l'être. Nous souhaitons maintenir la paix et la stabilité dans cette région et sommes prêts à interagir avec toutes les parties pour cela" a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"Nous suivons de très près le développement assez dramatique de la situation qui, Dieu merci, reste jusqu'à présent au niveau des déclarations" , a-t-il poursuivi.

En réaction aux propos des Européens, Dmitri Peskov a tenté de tracer un parallèle avec les quatre régions ukrainiennes annexées par Moscou en 2022 à l'issue de simulacres de référendums non reconnus à l'étranger, y compris par l'écrasante majorité des alliés de la Russie. "Si l'on parle de la nécessité de prendre en compte l'opinion des gens, peut-être faut-il encore se souvenir de celle des habitants des quatre nouvelles régions de la Fédération de Russie. Et faire preuve du même respect pour l'avis de la population" du Groenland, a déclaré Dmitri Peskov.

Les rivalités dans la région arctique augmentent en raison de son importance stratégique et ses ressources minières supposées. Le Groenland, un territoire autonome danois, qui cherche à gagner en souveraineté mais reste financièrement dépendant de Copenhague, attise les convoitises pour ses ressources naturelles -bien que la prospection pétrolière et l'exploitation de l'uranium y soient interdites - et pour son importance géostratégique - les États-Unis y ayant déjà une base militaire.

13 commentaires

  • 17 janvier 11:54

    Cessons de dire que l'UE ne fait rien. Pour faire, il faut exister et l'UE n'existe pas. 7 pays avec des intérêts divergents, 27 politiques étrangères, 27 armées avec 27 gouvernements qui les commandent, 26 ambassades pour chaque pays de l'UE dans chaque autre. L'UE, c'est quoi le No de téléphone à appeler pour savoir ce qu'elle veut


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