Bill Pulte, directeur de l'Agence fédérale de financement du logement, s'adresse aux journalistes devant l'aile ouest de la Maison-Blanche, le 9 janvier 2026 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
Donald Trump a nommé mardi l'un de ses fidèles, Bill Pulte, au poste stratégique de directeur du renseignement national, faisant craindre aux démocrates une intensification des poursuites contre les adversaires politiques du président.
Le nouveau directeur du renseignement prend la suite de la démissionnaire Tulsi Gabbard mais conserve ses fonctions actuelles de directeur de l'Agence fédérale de financement du logement (FHFA), a précisé le président américain dans un message sur sa plateforme Truth Social.
L'homme d'affaires de 38 ans, qui ne dispose d'aucune expérience dans le domaine de la sécurité nationale, est considéré comme un très proche du président républicain, dont il a été un important donateur durant la campagne de réélection en 2024.
Dans son message, le président a estimé que Bill Pulte disposait d'une "profonde expérience dans la gestion de sujets sensibles aux Etats-Unis".
Le vice-président JD Vance a salué sur X "un gars super qui sait que la bureaucratie dans la communauté du renseignement doit répondre aux responsables élus (plutôt que l'inverse)".
Mehmet Oz, responsable de programmes fédéraux de santé et choisi par la Maison Blanche mardi pour mener le traditionnel point presse, a refusé de son côté de répondre aux questions sur les compétences de Bill Pulte à ce poste.
En tant que patron de la FHFA, il a joué un rôle actif dans les poursuites judiciaires engagées contre des adversaires politiques de Donald Trump, en accusant plusieurs d'entre eux de fraude immobilière.
- "Représailles" -
Sa nomination n'a pas tardé à hérisser les élus démocrates.
"Plutôt que de choisir un professionnel respecté de la sécurité nationale, capable de fournir des opinions indépendantes, le président a choisi un responsable qui a prouvé non seulement sa volonté mais aussi son empressement à utiliser l'autorité du gouvernement pour mener des représailles politiques", a déclaré le sénateur Mark Warner, principal membre démocrate de la commission sur le renseignement au Sénat.
Des critiques répétées jusque chez certains membres républicains.
"Je ne vois aucune preuve d'une quelconque compétence pour ce rôle", a déclaré à la chaîne PBS le sénateur John Cornyn, qui a récemment perdu l'investiture républicaine pour l'élection de novembre après le soutien apporté par Donald Trump à son adversaire.
Mark Warner, vice-président de la commission du renseignement au Sénat, le 24 février 2026 au Capitole, à Washington ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )
Parmi les élus visés par Bill Pulte figurent notamment la démocrate Letitia James, procureure générale de l'Etat de New York, et le sénateur californien Adam Schiff.
Il est également impliqué dans la tentative de Donald Trump de révoquer Lisa Cook, gouverneure de la Réserve fédérale (Fed) et accusée de fraude pour un prêt immobilier personnel.
Première femme noire à ce poste, nommée jusqu'en 2038 par Joe Biden, Lisa Cook dément toute malversation.
Avec la nomination de Bill Pulte, les opposants de Donald Trump craignent maintenant que la campagne de vengeance politique du président accélère au nom de prétextes liés à la sécurité nationale.
- Inimitiés -
Pour Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, "un type qui peut engager des poursuites politiques, scandaleuses et sans fondement contre des élus qu'il n'aime pas, ne peut pas se voir confier la tâche de protéger notre sécurité nationale".
Le directeur du renseignement national est chargé de mettre en oeuvre la politique de la Maison Blanche auprès des différentes agences de renseignement, comme la CIA ou la NSA, et sert de conseiller auprès du président.
Le ministre américain de la Justice par intérim, Todd Blanche, le 20 mai 2026 à Miami, en Floride ( AFP / CHANDAN KHANNA )
Bill Pulte est nommé par intérim jusqu'à désignation formelle du nouveau titulaire du poste, un processus qui peut durer. Tulsi Gabbard avait annoncé le mois dernier qu'elle démissionnerait à compter du 30 juin.
Héritier d'une famille ayant fait fortune dans l'immobilier, Bill Pulte s'est attiré des inimitiés jusqu'au sein du cercle de Donald Trump, dont il ne ménage pas les membres.
Le ministre des Finances Scott Bessent a menacé en 2025 de le frapper lors d'un dîner dans un club privé, ont ainsi rapporté le Wall Street Journal et Politico.
Alors que le marché de l'immobilier est de plus en plus difficilement accessible aux classes moyennes américaines, Bill Pulte avait proposé comme solution la création d'un prêt immobilier de 50 ans. Une idée qui a reçu un accueil froid, y compris dans le camp présidentiel.

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement