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Royaume-Uni: l'indignation monte autour de l'arrestation d'un étudiant poignardé à mort
information fournie par AFP 02/06/2026 à 16:16

Capture d'écran d'une vidéo, datant du 3 décembre 2025 et diffusée par la police le 2 juin 2026, montrant un jeune homme poignardé, menotté par des agents à  Southampton, dans le sud de l'Angleterre ( Hampshire & Isle of Wight Constabulary / - )

Capture d'écran d'une vidéo, datant du 3 décembre 2025 et diffusée par la police le 2 juin 2026, montrant un jeune homme poignardé, menotté par des agents à Southampton, dans le sud de l'Angleterre ( Hampshire & Isle of Wight Constabulary / - )

"Je n'arrive pas à respirer": la police britannique est sous le feu des critiques mardi, en particulier de l'extrême droite, après la diffusion d'une vidéo montrant des agents menotter en décembre un étudiant agonisant, accusé à tort d'injures racistes par son meurtrier.

Vickrum Digwa, un jeune homme sikh de 23 ans, a été condamné lundi à la prison à vie assortie d'une peine de sûreté de 21 ans pour le meurtre d'Henry Nowak, 18 ans. L'étudiant a été poignardé à cinq reprises alors qu'il rentrait d'une soirée à Southampton, sur la côte sud de l'Angleterre, le 3 décembre 2025.

Son meurtrier a menti aux forces de l'ordre à leur arrivée sur place en déclarant avoir été victime d'une agression raciste, et avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups.

Les images diffusées par la police lundi soir après la condamnation du meurtrier montrent l'étudiant allongé au sol à l'arrivée des agents, dire à plusieurs reprises d'une voix faible: "Je n'arrive pas à respirer" et "j'ai été poignardé".

La police échange avec Vickrum Digwa, qui est debout, avant de menotter Henry Nowak et lui signifier qu'il est en état d'arrestation, alors qu'il ne réagit plus.

La vidéo, montrée aux jurés pendant le procès, a été rendue publique par la police du Hampshire après "consultation de la famille d'Henry".

Son arrestation fait l'objet d'une enquête de la police des polices (IOPC). Le Premier ministre travailliste Keir Starmer l'a appelée mardi à mener son enquête "aussi rapidement que possible et à apporter des réponses", selon son porte-parole. Son rapport doit être publié sous trois mois.

Le père de l'étudiant a lui appelé l'IOPC à mener une enquête "complète, courageuse et transparente", estimant que son fils avait été traité par la police de manière "inhumaine et dégradante".

Vickrum Digwa a brièvement comparu mardi devant un tribunal de Southampton pour répondre de six chefs d'accusation liés à la possession d'armes - dont une machette et des épées -, découvertes par la police le lendemain du meurtre. Une audience a été fixée au 9 juillet.

Son frère Gurpreet Digwa, 27 ans, et son père Moga Singh, 52 ans, ont comparu pour des faits similaires et laissés en liberté sous caution.

- "Deux vitesses" -

"Nous vivons dans un pays à deux vitesses, où les droits et les privilèges des Blancs comptent moins que ceux des minorités ethniques", a dénoncé mardi le chef du parti anti-immigration Nigel Farage, à deux semaines d'une élection partielle en Angleterre où sa formation, Reform UK, espère voir son candidat l'emporter sur celui du Parti travailliste.

Il a souligné que les mots prononcés par Henry Nowak ("Je n'arrive pas à respirer") étaient les mêmes que ceux de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc en 2020 aux Etats-Unis.

Photo non datée, diffusée par la police du Hampshire le 2 juin 2026, de Vickrum Digwa, condamné à la prison à perpétuité par un tribunal britannique le 1er juin pour le meurtre de l’étudiant Henry Nowak ( Hampshire & Isle of Wight Constabulary / - )

Photo non datée, diffusée par la police du Hampshire le 2 juin 2026, de Vickrum Digwa, condamné à la prison à perpétuité par un tribunal britannique le 1er juin pour le meurtre de l’étudiant Henry Nowak ( Hampshire & Isle of Wight Constabulary / - )

Le militant d'extrême droite Tommy Robinson a dénoncé sur X des "pratiques policières racistes qui visent les Blancs", et a annoncé qu'il irait manifester en fin de journée devant le commissariat de Southampton.

Kate Phillips, une habitante de 63 ans, a prévu de s'y rendre pour "apporter (son) soutien à la famille": "le racisme fonctionne dans les deux sens et cette affaire le montre", a-t-elle affirmé à l'AFP, tout en précisant n'avoir aucune animosité envers la communauté sikhe.

"Quelque chose a terriblement mal tourné dans le maintien de l'ordre", a également réagi Kemi Badenoch, la cheffe du parti conservateur, sur la chaîne ITV.

L'intervention policière avait aussi suscité les critiques du milliardaire américain Elon Musk, qui s'était dit prêt à financer une action en justice contre la police du Hampshire.

Celle-ci s'était excusée vendredi en disant avoir été "trompée" par les mensonges de Vickrum Digwa.

Downing Street a répondu mardi qu'il "n'y a pas de maintien de l'ordre à deux vitesses".

"Nous ne pouvons pas permettre que ce meurtre monte les communautés les unes contre les autres. Nous devons condamner ceux qui cherchent à tirer un profit politique personnel d'un drame", a déclaré la ministre de l'Intérieur, Shabana Mahmood, au Parlement.

La famille de Vickrum Digwa a présenté mardi ses excuses à la famille d'Henry Nowak, ainsi qu'à la communauté sikhe pour avoir "injustement porté atteinte à (sa) réputation".

Le meurtrier a attaqué Henry Nowak avec un couteau d'une vingtaine de centimètres, qu'il a déclaré porter dans le cadre de sa foi.

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3 commentaires

  • 15:49

    Avenir radieux pour lEurope : faill.ite poli.que, écono..que, sécu..taire


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