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Le président du Liban, reçu par Trump, dit la nécessité du retrait militaire d'Israël
information fournie par Reuters 21/07/2026 à 23:32

(Actualisé tout du long avec précisions)

Le président libanais Joseph Aoun, reçu mardi à la Maison blanche, a déclaré au président américain Donald Trump qu'un retrait complet des troupes israéliennes du Liban était essentiel pour consolider la stabilité et permettre à l'Etat libanais de renforcer son autorité, a fait savoir Beyrouth.

Au cours de ce qui constituait leur première rencontre, qui a duré près de deux heures, les deux dirigeants ont discuté de plans pour désarmer le Hezbollah pro-iranien et du retrait d'Israël du Liban, que l'Etat hébreu occupe depuis mars dernier.

La présidence libanaise a rapporté que Joseph Aoun et Donald Trump ont également évoqué des aides américaines à la reconstruction et à la relance économique du Liban, ainsi qu'un soutien aux forces armées libanaises.

Premier chef d'Etat libanais à se rendre à la Maison blanche en près de 20 ans, Joseph Aoun fait face à un exercice d'équilibriste: désireux d'obtenir de Donald Trump l'appui qu'il juge indispensable pour garantir qu'Israël retire ses troupes du Liban, il est également sous la pression du président américain et de l'Etat hébreu pour désarmer le Hezbollah, affaibli en 2024 mais toujours influent et en mesure de combattre.

S'exprimant devant les journalistes dans le Bureau ovale, en entame de leur réunion, Donald Trump a exprimé sa volonté d'"aider" le Liban.

"Il a été très mal traité (...) et nous allons faire en sorte qu'il soit traité avec le respect qu'il mérite", a dit le président américain. "Il y a un problème Hezbollah".

"Ce sera votre héritage", a dit Joseph Aoun à Donald Trump avant leur discussion en privé. "Ensemble, nous serons capables de réaliser cet objectif (de désarmer le Hezbollah)", a ajouté l'ancien commandant des forces armées libanaises. "Il est temps que le Liban, et la région toute entière, soit stable et sûr".

SOUVERAINETÉ

Dans un communiqué publié par la suite, les services de Joseph Aoun ont rapporté que le président libanais a souligné auprès de son homologue américain "la nécessité urgente d'un retrait israélien complet du territoire libanais", qui est une "mesure essentielle" pour "permettre à l'Etat libanais de renforcer sa pleine souveraineté via sa propre armée".

Arrivé à Washington au cours du week-end, Joseph Aoun s'était entretenu dimanche avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, auprès duquel il avait déjà souligné la nécessité qu'Israël se retire du sud du Liban, conformément à l'accord-cadre du 26 juin signé sous la médiation des Etats-Unis.

Donald Trump a dit mardi être disposé à dialoguer avec les dirigeants du Hezbollah si Joseph Aoun pensait que cela serait utile. Le président américain a suggéré également que la Syrie pourrait avoir un rôle à jouer dans le désarmement du groupe.

Les discussions à la Maison blanche sont intervenues à un moment crucial pour le Liban, dont l'armée a commencé mardi à se déployer dans deux villes du sud du pays, après le retrait des soldats israéliens de ces villes, dans ce qui constitue une phase d'essai de la mise en place de l'accord-cadre de juin.

Le Hezbollah a exprimé son opposition aux discussions directes entre le gouvernement libanais et l'Etat hébreu, ainsi que dénoncé les efforts de Beyrouth pour le désarmer, citant la nécessité de "résister" à l'occupation israélienne.

Israël et le Liban n'ont jamais formellement établi de paix ni de liens bilatéraux. Beyrouth ne reconnaît pas l'Etat hébreu, qui a envahi à plusieurs reprises le Liban au cours des dernières décennies.

MESURES DE DÉSARMEMENT

Une nouvelle campagne militaire a été lancée par Israël au Liban en mars dernier. Il a envahi le pays, dont il a détruit le Sud, en disant avoir l'objectif de "neutraliser" le Hezbollah et d'imposer une "zone de sécurité" jusqu'au fleuve Litani, ce qui a ravivé le spectre de l'occupation illégale de 1982 à 2000.

Plus de 1,3 million de personnes ont un temps été déplacées par l'offensive israélienne au Liban, faisant craindre au gouvernement local une crise migratoire durable. Plusieurs centaines de milliers de Libanais sont toujours déplacés.

Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 4.300 personnes, dont près de 800 enfants, femmes et secouristes, ont été tuées par Israël depuis le 2 mars. Vingt-deux soldats et civils israéliens ont été tués dans des attaques du Hezbollah sur cette même période, d'après les autorités israéliennes.

Les hostilités se sont poursuives en dépit d'une trêve annoncée par les Etats-Unis en avril dernier.

Israël a reproché au Hezbollah et à Beyrouth de n'avoir pas effectué le désarmement prévu par l'accord de cessez-le-feu chapeauté par les Etats-Unis et la France en novembre 2024. Tsahal a poursuivi ses frappes au Liban pendant des mois, en violation de l'accord, et conservé des positions dans le sud du pays au-delà du délai qui lui était fixé pour s'en retirer.

La dernière guerre en date a éclaté après que le Hezbollah a lancé des roquettes en direction d'Israël à la suite de l'assassinat d'Ali Khamenei au premier jour des bombardements israélo-américains en Iran le 28 février.

Élu à la présidence libanaise en janvier 2025, quelques jours avant l'investiture de Donald Trump pour un second mandat, Joseph Aoun a promis dès son arrivée au pouvoir de faire respecter le "monopole de l'Etat sur les armes", mettant en oeuvre l'an dernier un plan de désarmement du Hezbollah.

Plus tôt cette année, face à la reprise de la guerre, Joseph Aoun a appelé à des pourparlers directs entre le Liban et Israël, marquant une rupture historique à Beyrouth.

Cette ouverture diplomatique, un temps rejetée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a débouché sur de premiers échanges directs en plusieurs décennies entre des émissaires des deux pays, à Washington.

Joseph Aoun s'est toutefois gardé, jusqu'à présent, de répondre favorablement à l'appel de Donald Trump en faveur d'une rencontre avec Benjamin Netanyahu.

(Reportage de Nandita Rose et Trevor Hunnicutt à Washington, avec Maya Gebeily et Tomp Perry à Beyrouth; rédigé par Jean Terzian)

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