L'avocate générale a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre d'un ex-réfugié politique soudanais, accusé d'avoir tué à l'arme blanche trois jeunes hommes en juillet 2022 à Angers ( AFP / Damien MEYER )
L'avocate générale a requis vendredi la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre d'un ex-réfugié politique soudanais, accusé d'avoir tué à l'arme blanche trois jeunes hommes en juillet 2022 à Angers, devant la cour d'assises du Maine-et-Loire.
"Ces faits hors norme ne méritent qu’une seule réponse, altération ou non, la perpétuité", a lancé lors de son réquisitoire l'avocate générale.
L'accusé "n'a pas hésité un seul instant: il a littéralement exécuté ces trois jeunes gens et tenté d’en tuer trois autres. C'est une vengeance, c'est prémédité. Lui seul est à l'origine de tout ce déchaînement de violence", a expliqué l'avocate générale, soulignant qu'il y aurait pu y avoir six morts.
Au coeur de l'été, dans la nuit du 15 au 16 juillet 2022, sur une place animée d'Angers, Al Khawad Al Zine Sulaymane, fortement alcoolisé, importune des passants et commence à agresser sexuellement des jeunes filles, leur touchant les fesses.
Plusieurs garçons prennent la défense des filles et une bagarre éclate, suscitant l'intervention de pompiers et policiers, sans arrestation.
"Je déplore cette absence d'interpellation: on n’a pas besoin d’une plainte pour interpeller un individu", a cinglé l'avocate générale dans sa plaidoirie (demandant aux médias de ne pas divulguer son nom à elle).
Après le départ des secours, l'homme quitte les lieux en voiture et, environ une heure plus tard, revient avec un couteau de 20 cm dissimulé.
Dans un bref laps de temps, il tue trois jeunes hommes âgés de 16, 18 et 20 ans dont certains avaient été mêlés plus tôt à l'altercation.
"Il n’y a que des zones vitales qui ont été touchées. Ces victimes se sont vidées de leur sang en quelques instants", a relevé l'avocate générale en regardant l'accusé, cheveux courts et survêtement, qui se fait traduire la plaidoirie en arabe et qui est resté quasiment mutique pendant tout le procès qui s'est ouvert vendredi dernier.
Dans sa plaidoirie, Me Charles-Alexis Garo, avocat de l'accusé, a lui évoqué un homme qui a été "à plusieurs moments de sa vie battu", a assisté à des égorgements, a été torturé et qui souffre de problèmes psychiatriques.
"Je crois que vous ne pouvez pas le condamner de la même manière qu’un homme qui aurait commis des faits similaires sans souffrir de troubles mentaux", a dit Me Garo.
Un premier procès a eu lieu en octobre 2025 mais, événement rarissime, il avait été renvoyé: le président avait fait parvenir aux parties un document faisant mention par erreur d'une condamnation à perpétuité de l'accusé, à la veille du verdict.
M. Al Zine Sulaymane, 36 ans, dit avoir traversé la Libye et l'Italie et avoir échappé à plusieurs attaques terroristes pour arriver en France en 2016, avant d'obtenir le statut de réfugié en 2018, qui lui a été retiré.
Le verdict doit être prononcé vendredi après-midi ou dans la soirée.

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