Jean Castex à Bully-les-Mines, dans le Pas-de-Calais le 7 avril 2026. ( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
Le PDG de la SNCF Jean Castex a étrillé les "compagnies concurrentes" qui "ne desservent que la partie rentable du réseau", lors d'un débat sur la régulation des anciens monopoles aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence jeudi 2 juillet.
Desservir Paris et Bordeaux, mais pas Libourne ou Angoulême, ce n'est "pas normal". Jeudi 2 juillet, le PDG de la SNCF Jean Castex a défendu la desserte des gares petites et moyennes sur les grands axes ferroviaires, face à une concurrence qui pourrait être tentée de les délaisser.
Il s'exprimait lors d'un débat sur la régulation des anciens monopoles aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. "Si vous desservez Paris-Bordeaux directement, sans vous arrêter, c'est rentable. Si vous commencez à vous arrêter dans les villes intermédiaires, ça l'est beaucoup moins", a-t-il expliqué. "Il n'est pas normal que des compagnies concurrentes ne desservent que la partie rentable du réseau (...) Et je compte bien, parce que moi je suis pour l'aménagement du territoire, continuer à m'arrêter à Libourne, à Angoulême, à Poitiers, etc.", a-t-il poursuivi.
Le manque de trains, "problème numéro 1"
La France, sous l'effet des règles européennes, a ouvert ses lignes ferroviaires à la concurrence. Un seul rival de la SNCF, l'italien Trenitalia, cohabite avec l'opérateur historique sur une ligne entre des gares uniquement françaises, entre Paris et Lyon puis d'autres destinations dans le quart sud-est, jusqu'à Marseille et jusqu'aux Alpes. D'autres entreprises envisagent d'exploiter d'autres lignes à grande vitesse en France. Jean Castex a appelé à appliquer dans ce cas des conditions qui permettraient à de maintenir la desserte de gares moins fréquentées. "J'appelle le législateur à rééquilibrer les règles du jeu. Où vous vous arrêtez ? Comme les autres ? Ou alors vous contribuez à l'équilibre du système", a plaidé le dirigeant.
Fin juin, l'Autorité de régulation des transports avait plaidé pour plus de concurrence, en abaissant le coût d'entrée, via celui des péages à verser au gestionnaire d'infrastructures SNCF Réseau. Jean Castex a réaffirmé les ambitions de SNCF Voyageurs d'augmenter son offre. "Jamais nous n'avons transporté autant de gens dans les trains. Il y a une soif ferroviaire manifeste dont, vous vous en doutez, je ne peux que me réjouir (...) Rien que depuis 2019, 20% de trafic en plus sur les TGV, +45% sur les TER", a-t-il détaillé.
"Aujourd'hui, vous savez ce que c'est mon problème numéro un ? C'est pas l'ouverture à la concurrence : c'est le manque de trains. S'il y a des fabricants dans la salle, que je ne nommerai pas, qu'ils se dépêchent de me livrer", a-t-il conclu.
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