Edouard Philippe pose avec Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur, le 9 mars 2024 à Lille ( AFP / Sameer Al-Doumy )
La rentrée politique se précise, à huit mois de l'élection présidentielle: Gérald Darmanin a annoncé lundi son soutien à Édouard Philippe, renonçant lui-même à la course à l’Élysée, avant de réunir ses soutiens le 30 août à Tourcoing (Nord) en présence du candidat d'Horizons.
Après la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, deux proches politiques de M. Darmanin, le garde des Sceaux a à son tour officialisé son soutien à Édouard Philippe, ex-UMP (devenue Les Républicains) comme lui. M. Darmanin est devenu pour la première fois ministre dans le gouvernement d’Édouard Philippe, nommé à Matignon par Emmanuel Macron en 2017.
"Il faut toujours se poser la question +quel est l'intérêt supérieur pour le pays ?+. Et l'intérêt général n'est pas de multiplier les candidatures", a expliqué le garde des Sceaux à La Voix du Nord.
"Nous sommes dans une situation extrêmement difficile, socialement difficile pour les Français. Donc j'ai décidé de ne pas rajouter de la division et donc de ne pas me présenter à l'élection présidentielle et de soutenir, et je souhaite que tout le monde fasse pareil, Édouard Philippe", a ajouté M. Darmanin.
Si cet appui était attendu, il n'en constitue pas moins un ralliement de poids dans la course à l’Élysée pour M. Philippe, en concurrence, au sein du bloc central, avec le secrétaire général de Renaissance Gabriel Attal.
Candidat déclaré depuis 2024, le maire du Havre est pour l'heure le mieux placé dans les sondages d'intentions de vote dans le bloc macroniste. Les deux candidats déclarés ont évoqué un rassemblement en faveur du mieux placé en début d'année 2027.
Le maire du Havre, qui a tenu un meeting début juillet à Paris, devra poursuivre son œuvre de rassemblement alors que le président du MoDem, François Bayrou, a récemment appelé à une primaire de "tous les démocrates réformistes" en citant un certain nombre de candidats possibles - Thierry Breton, Jean Castex, Bernard Cazeneuve...- mais ni le président d'Horizons, ni le patron de Renaissance.
"Droite sociale" à Horizons?
Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur, et Edouard Philippe le 30 avril 2024 à Paris ( POOL / JULIEN DE ROSA )
"J'ai un esprit de loyauté et Édouard Philippe est celui qui m'a permis d'être ministre et je peux assurer que c'est un homme qui a des qualités d'homme d’État, qu'il a l'expérience du pouvoir et, par ailleurs, c'est le mieux placé", a expliqué M. Darmanin, proche de longue date du candidat Horizons.
"Darmanin, on aura besoin de lui. C’est un pur talent politique. Il doit être un fer de lance de la campagne. Il faut présenter ça comme une dynamique de rassemblement et non comme un ralliement individuel", expliquait récemment un cadre Horizons.
Le garde des Sceaux a néanmoins l'intention de rester au gouvernement, et ne devrait pas occuper de fonction officielle dans l'équipe de campagne.
M. Darmanin organise le 30 août dans son fief électoral de Tourcoing (Nord) sa quatrième rentrée politique. Il a créé un parti, Populaires, mis en sommeil lors de son maintien au gouvernement à l'automne 2025.
Ministre du Budget (2017-2020), puis de l'Intérieur (2020-2024) et garde des Sceaux depuis décembre 2024, cet ancien soutien de Nicolas Sarkozy, qui défend fermement le bilan d'Emmanuel Macron, n'a pour autant cessé de plaider en faveur d'une "droite sociale" et d'une plus grande attention à l'électorat populaire.
Il a ainsi fait connaître son opposition à la "retraite à 67 ans", intention prêtée à Édouard Philippe qui, sans la confirmer, répète régulièrement que les Français devront travailler plus longtemps pour redresser les finances du pays et pérenniser son modèle social.
De quoi faire évoluer la ligne chez Horizons ? Une nécessité, entend-on dans le camp de M. Darmanin, où l'on s'attend à une élection présidentielle très délicate après dix ans au pouvoir d'Emmanuel Macron, avec un bloc central outsider face au Rassemblement national de Marine Le Pen et à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
M. Philippe effectue un déplacement à Mayotte et à La Réunion du 21 au 25 août. Il interviendra ensuite, comme d'autres candidats à l'Elysée, lors de l'événement de rentrée du Medef et doit également débattre avec François Hollande le 29 août à l'université de rentrée du Laboratoire de la République de l'ancien ministre Jean-Michel Blanquer. Avant de détailler son programme "massif" et de tenter d'y rallier les Français.

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