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Téhéran évoque des avancées avec les USA, mais des divergences persistent
information fournie par Reuters 23/06/2026 à 14:17

par Olivia Le Poidevin

L'ambassadeur de l'Iran auprès des Nations unies à Genève, Ali Bahreini, a fait état mardi de "bons progrès" dans les discussions de paix entre les Etats-Unis et l'Iran, tout en réfutant des déclarations selon lesquelles Téhéran utiliserait des avoirs débloqués dans le cadre d'un accord pour acheter des matières premières américaines.

"Nos collègues continuent de discuter dans de très bonnes conditions après des échanges techniques hier", a-t-il dit à des journalistes, ajoutant que deux groupes de travail seraient mis en place dans les prochains jours pour examiner la levée des sanctions contre l'Iran et les questions liées aux activités nucléaires iraniennes.

Les deux parties, qui cherchent à consolider l'accord intérimaire conclu la semaine dernière pour mettre fin à plus de trois mois de conflit, ont acté une feuille de route vers un accord permanent dans un délai de 60 jours lors de pourparlers organisés dans la station suisse du Bürgenstock, ont déclaré les médiateurs du Pakistan et du Qatar.

Les Etats-Unis ont levé certaines sanctions contre l'Iran pour une durée de 60 jours à compter de lundi, à l'issue d'une première session de discussions.

Ali Bahreini a toutefois balayé des propos tenus lundi par le vice-président américain J.D. Vance, selon lesquels les Etats-Unis et le Qatar exerceraient un contrôle sur les fonds iraniens une fois débloqués, ceux-ci pouvant servir à acheter du maïs, du soja et du blé américains. Selon J.D. Vance, la proposition aurait été avancée par Jared Kushner, gendre du président Donald Trump.

S'exprimant sur son réseau social, ce dernier a enfoncé le clou, assurant que les fonds dégelés seraient utilisés pour l'achat de "nourriture et fournitures médicales exclusivement en provenance des Etats-Unis, comprenant du maïs, du blé et du soja".

"Ce sont des choses dont l'Iran a désespérément besoin. Il y a une crise humanitaire et j'ai envie d'aider."

Les avoirs iraniens gelés se composent en grande partie de recettes pétrolières et de réserves de banque centrale immobilisées à l'étranger, accumulées au fil des années de sanctions. Environ 12 milliards de dollars devraient être libérés dans le cadre de l'accord initial.

LE LIBAN, LIGNE ROUGE

"L'Iran est le seul pays à décider de ce qu'il fait de ses avoirs, qui vont être débloqués, et je rejette donc toute affirmation selon laquelle un autre pays pourrait avoir une influence sur ces décisions ou ces processus", a affirmé Ali Bahreini.

Le diplomate a précisé que certains aménagements techniques seraient réalisés par Washington et Doha, dans la mesure où les fonds ont été gelés par les Etats-Unis et que certains sont détenus au Qatar.

"Téhéran ne leur permettra pas d'exercer une influence supplémentaire sur les autres processus liés à l'achat et à l'importation de matières premières. C'est une décision qui revient à l'Iran, et uniquement à l'Iran", a-t-il insisté.

La République islamique pourrait bénéficier de milliards de dollars grâce à cet allègement temporaire des sanctions américaines annoncé lundi. Les Nations unies, les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé depuis la fin des années 1970 des sanctions, des embargos commerciaux et des gels d'avoirs en raison du programme nucléaire iranien, de violations des droits humains et de son soutien à des groupes armés dans la région.

Ali Bahreini a souligné que la levée des sanctions sur les ventes de pétrole et de produits chimiques constituait un échantillonnage susceptible d'être étendu à d'autres secteurs. À plus long terme, lorsque les discussions entreront dans une nouvelle phase, l'Iran demandera une levée complète des sanctions, plutôt que des dérogations ponctuelles.

"Pour l'accord final, l'Iran exigera définitivement une levée totale des sanctions", a-t-il ajouté.

Ali Bahreini a aussi rappelé que le Liban constituait pour Téhéran un élément indissociable de l'accord et que toute attaque contre Beyrouth, le sud du pays ou une autre zone du territoire constituerait une violation de celui-ci.

"La ligne rouge de l'Iran est toute nouvelle attaque contre le Liban", a-t-il prévenu.

Interrogé ultérieurement, il a estimé qu'une telle violation entraînerait des "complications", après la mort de deux personnes dans le sud du Liban mardi dans des tirs israéliens, selon la Défense civile libanaise et une source sécuritaire.

"Le Liban fait partie intégrante de l'accord et tout ce qui s'y produit affecte l'ensemble du processus. Il appartient aux Etats-Unis d'utiliser tout leur levier sur Israël pour mettre fin aux attaques contre le Liban", a conclu Ali Bahreini.

(Reportage Olivia Le Poidevin; avec Humeyra Pamuk et Dave Graham au Bürgenstock, Laila Bassam, Maya Gbeily et Tom Perry à Beyrouth, version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)

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