Michael O'Leary, PDG de la compagnie aérienne Ryanair pose avec une pancarte reprochant à la Belgique une série de taxes "stupides", lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 14 janvier 2026 ( AFP / Simon Wohlfahrt )
La compagnie aérienne Ryanair a annoncé mercredi envisager de réduire ses capacités en Belgique à partir de fin 2026, notamment sur son hub très fréquenté de Charleroi, reprochant aux autorités belges une série de taxes "stupides" de nature à réduire le trafic.
"Hausses de taxes insensées", "gouvernement stupide": le PDG de Ryanair Michael O'Leary s'en est pris aux autorités belges avec son habituel ton offensif et provocateur, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
"Ce qui est extraordinaire dans la stupidité du gouvernement belge, c'est qu'il a eu cette idée visionnaire d'augmenter les taxes sur les passagers, à un moment où presque tous les autres pays européens suppriment leurs taxes environnementales et sur les voyages", a lancé Michael O'Leary.
"Nos avions peuvent bouger, les emplois peuvent bouger, et ils vont bouger vers ces pays qui suppriment ces taxes et abaissent la fiscalité aéroportuaire", a-t-il ajouté citant notamment les exemples de la Hongrie, la Suède ou la Slovaquie.
Concrètement, la compagnie irlandaise à bas coûts prévoit de réduire son offre à Charleroi d'environ un million de sièges à partir de la saison d'hiver 2026, à l'automne prochain, et potentiellement d'un autre million l'année suivante, si le gouvernement fédéral et la ville de Charleroi ne renoncent pas leurs taxes.
Charleroi, deuxième aéroport de Belgique derrière Bruxelles-Zaventem, est une plateforme majeure de Ryanair sur le continent européen, desservant un grand nombre de destinations dans le bassin méditerranéen. L'aéroport a dit craindre la perte d'un millier d'emplois directs et indirects.
La compagnie à bas coûts pourrait retirer un quart de sa vingtaine d'avions basés sur cet aéroport ou en tout cas "réduire la fréquence" de certaines dessertes, selon M. O'Leary.
Dans son collimateur figure une taxe fédérale relevée à 10 euros sur chaque départ en avion depuis le sol belge.
- "Idée folle" -
Afin d'encourager les options alternatives au transport aérien, le gouvernement dirigé par Bart De Wever a décidé l'an dernier que ce montant forfaitaire serait dû à compter de 2027 pour tous les vols, pas seulement ceux d'une distance de moins de 500 km comme c'est déjà le cas.
Cela revient à "multiplier par cinq en deux ans la taxe +passagers+" de la Belgique, a fustigé le PDG de Ryanair, appelant Bart De Wever à revenir sur cette décision.
Sollicité par l'AFP, le cabinet du Premier ministre n'a pas souhaité réagir.
Ryanair, qui se présente comme la première compagnie aérienne sur le marché belge avec 11,6 millions de personnes transportées en 2025, cible aussi une taxe communale de la ville de Charleroi, qui doit encore être validée par l'exécutif régional de la Wallonie (sud).
Il s'agit de réclamer à la société exploitante, Brussels South Charleroi Airport (BSCA), le paiement de 3 euros par passager au départ de cette plateforme, une "idée folle" selon M. O'Leary.
Cette nouvelle taxe coûterait environ 16 millions d'euros par an à l'aéroport, "sans qu'on puisse répercuter cela sur les compagnies aériennes, nos contrats avec elles ne le prévoient pas", a précisé à l'AFP une porte-parole de BSCA, Nathalie Pierard.
Elle a souligné que cette nouvelle charge financière risquait de limiter les investissements de l'aéroport, notamment un projet d'extension dont Ryanair, principale compagnie à Charleroi, était censé profiter.

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