(Répétition du titre)
par Ben Blanchard
L'armée taïwanaise doit vérifier sa capacité à réagir dans l'immédiat si la Chine déclenche une guerre, car le délai d'alerte en cas d'attaque ne cesse de se raccourcir, a déclaré mercredi le ministre de la Défense, Wellington Koo.
Taïwan organise cette semaine cinq jours d'exercices de "préparation immédiate au combat". Ses forces armées, craignant que la Chine ne mène une véritable attaque contre le territoire, a commencé à adapter ses entraînements pour se préparer à ce scénario.
Pékin considère Taïwan, gouverné démocratiquement, comme faisant partie de son territoire et ses forces armées opèrent autour de l'île presque quotidiennement.
"INTENTION MALVEILLANTE"
S'exprimant à Pékin plus tard dans la journée de mercredi, Zhang Han, porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises, a déclaré que ces exercices révélaient "l'intention
malveillante du Parti démocratique progressiste (PDP) au pouvoir de rechercher l'indépendance par la force".
Elle a affirmé que la Chine privilègierait une "réunification pacifique", bien qu'elle n'hésiterait pas à avoir "recours à la force" pour mettre fin "aux activités séparatistes visant l'indépendance de Taïwan sous quelque forme que ce soit".
Le gouvernement chinois a renforcé ses positions anti-indépendantistes, notament en adoptant une loi en mars pour la création d'une identité nationale "partagée" parmi les 55 groupes ethniques minoritaires du pays.
Cette dernière stipule que toute personne hors des frontières de la Chine qui ne respecte pas cette loi pourrait être ciblée, a déclaré mercredi un haut responsable chinois.
Cette mesure a suscité l'inquiétude à Taïwan, craignant qu'elle ne donne à Pékin un nouveau fondement juridique pour poursuivre les Taïwanais que le gouvernement chinois considère comme des séparatistes.
MODERNISATION MILITAIRE
Le président taïwanais Lai Ching-te mène une campagne visant à moderniser les forces armées, avec notamment pour objectif de porter les dépenses de défense à 5% du produit intérieur brut d’ici 2030. Le plan est soutenu par les États-Unis.
Les alliés des américains dans cette région s’accordent sur la nécessité d'empêcher "toute situation d'urgence et de mettre en place une dissuasion solide", a déclaré mardi Raymond Greene, le plus haut diplomate américain à Taipei, dans des propos relayés par l’ambassade de facto des États-Unis.
Ces évènements ont aussi fait réagir les ambassades de facto britannique, française et allemande à Taipei qui ont publié mercredi un communiqué commun dans lequel elles ont exprimé leur inquiétude face aux récentes activités chinoises au large de la côte est de Taïwan, où Pékin a mis en place des patrouilles de garde-côtes.
(Rédigé par Ben Blanchard; Rédaction complémentaire par Liz Lee à Pékin; Version française Rihab Llatrache, édité par Benoit Van Overstraeten)

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