Ces révélations ont été faites par les deux quotidiens La Repubblica et Il Messaggero.
Un système de défense aérienne SAMP-T NG, au salon du Bourget, en 2025 (illustration) ( AFP / BERTRAND GUAY )
Deux anciens agents des services de renseignement italiens, arrêtés mardi 7 juillet pour des soupçons d'espionnage au profit de Moscou, sont accusés d'avoir livré des informations sensibles sur l'aide militaire à l'Ukraine, rapporte la presse italienne.
Le principal suspect, un espion retraité de 59 ans déjà inquiété par le passé pour des faits similaires, était rémunéré par un agent du renseignement russe présent sur le sol italien sous couverture diplomatique, selon les carabiniers italiens.
Les quotidiens La Repubblica et Il Messaggero affirment que ce dernier collectait des informations relatives notamment au système franco-italien de défense antiaérienne SAMP/T, que l'Ukraine doit recevoir cette année pour le tester, et aux missiles franco-italiens Aster déjà livrés à Kiev.
L'agent russe, qui selon La Repubblica pourrait être expulsé prochainement d'Italie, s'intéressait également à la mission de l'Otan en Bulgarie ainsi qu'à l'entreprise italienne Avio, qui produit des moteurs de drones et des missiles supersoniques.
Le principal suspect, actuellement assigné à résidence, est en outre accusé d'avoir révélé les identités d'agents du contre-espionnage italien chargés de contrecarrer les activités des services russes dans la péninsule, affirme le quotidien Corriere della Sera.
La "partie émergée" de l'iceberg d'une guerre à bas bruit
Le journal La Stampa , citant une écoute téléphonique, affirme que le suspect, qui disposait de sources parmi des militaires en activité, se serait targué d'avoir "fourni des milliers d'informations" à Moscou en l'espace de 12 ans.
L'avocat de l'ex-espion italien dément toute trahison, affirmant que son client, qui doit être auditionné vendredi, s'est limité à recueillir des informations accessibles publiquement. "Ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg", a estimé mardi le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto. Il dénonce "un conflit hybride" mené par Moscou "visant à affaiblir nos institutions, nos alliances et notre sécurité".
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