Des passants défilent devant un véhicule de police stationné devant la gare centrale de Winterthur, près de Zurich, où un homme a blessé trois personnes à l'arme blanche le 28 mai 2026 ( AFP / ARND WIEGMANN )
Trois personnes ont été blessées à l’arme blanche jeudi matin à la gare de Winterthur lors d’une attaque qualifiée de "terroriste" par les autorités qui ont indiqué que l’agresseur, rapidement arrêté, souffrait de troubles psychologiques.
"J'insiste exceptionnellement sur le terme +attaque terroriste+", a déclaré Mario Fehr, directeur de la sécurité cantonale, lors d'une conférence de presse tenue quelques heures après l'attaque qui a semé la panique au coeur de cette ville située en grande banlieue de Zurich.
Auparavant, la police du canton alémanique avait annoncé dans un communiqué que peu avant 08h30 (06H30 GMT), un homme avait "blessé trois personnes à l'arme blanche à la gare de Winterthour".
Des usagers empruntent un passage souterrain dans une gare de Winterthur, près de Zurich, où un homme a blessé trois personnes avec une arme blanche le 28 mai 2026 ( AFP / ARND WIEGMANN )
Selon les autorités cantonales, l'agresseur - rapidement interpellé - est un Suisso-Turc de 31 ans qui a récemment effectué un séjour dans un hôpital psychiatrique dont il a été libéré mercredi.
Les médecins ont alors "conclu qu'il ne représentait un danger ni pour autrui ni pour lui-même. Les raisons de cette décision nous échappent, mais il est clair que cette évaluation est erronée", a déclaré M. Fehr.
L'hypothèse terroriste tient compte selon les autorités cantonales des fréquentations de l'agresseur, d'un récent long séjour en Turquie et de son comportement au cours de l'attaque.
De nombreux témoignages et images tournées par des passants publiés par les médias locaux ont en effet révélé que l'assaillant avait plusieurs fois scandé "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand") pendant et après l'attaque.
Sur des images filmées à distance au téléphone, l'homme barbu aux longs cheveux bruns vêtu d'un tee-shirt sombre et d'un short apparaît en train de courir, main droite levée, avant de passer sans s'arrêter devant un groupe de jeunes enfants vêtus de gilets de sortie scolaire orange.
Selon Marius Weyermann, chef de la police cantonale, "le mobile de cet acte doit être recherché dans le domaine de la radicalisation et de l'extrémisme".
Selon les autorités, le suspect est lié à la mosquée radidale de Winterthour An'Nur, dont l'imam avait été inculpé en 2017 pour avoir appelé au meurtre de musulmans non pratiquants.
En 2015, l'auteur présumé de l'attaque de jeudi avait lui-même fait l'objet d'une enquête après l'agression de deux autres fidèles qui avaient fourni à la presse des informations sur cet imam.
- "Lâche et barbare" -
Turhan Muslu, un chauffeur de taxi de 65 ans, a déclaré au quotidien suisse Blick avoir été témoin de l'agression.
"Je l'ai vu tenter de poignarder un homme", a-t-il confié au journal, ajoutant que la victime s'était "défendue avec acharnement" avant l'arrivée des agents de sécurité qui ont maîtrisé l'agresseur.
"Si les agents de sécurité n'étaient pas intervenus aussi rapidement, je ne sais pas ce qui se serait passé", a-t-il ajouté.
Les trois victimes, de nationalité suisse, sont âgées de 28, 43 et 52 ans. "Elles ont toutes été transportées à l'hôpital", a poursuivi la police.Selon les autorités cantonales, une de ces personnes a été grièvement atteinte à la cuisse et opérée d'urgence.
Dans l'après-midi, un journaliste de l'AFP a constaté sur place que ces cordons avaient été levés et que l'activité avait repris son cours habituel dans la gare.
"J'ai été choqué par ce qui s'est passé aujourd'hui. Ce n'est pas juste. Ce n'est pas acceptable. Nous aspirons à la paix, au calme, à une vie normale. Pas à des troubles", a confié à l'AFP Basharath Iqbal, chauffeur de taxi suisse qui fréquente la gare.
Le président de la confédération suisse Guy Parmelin s'est aussi dit "profondément choqué" sur X. "J'en suis très attristé. Je souhaite un prompt rétablissement aux trois blessés et je remercie les services de secours pour leur travail", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, le Conseil central islamique suisse (CCIS) a lui condamné "avec la plus grande fermeté cet acte lâche et barbare".
"L'Islam interdit sans équivoque la violence contre les innocents. Quiconque prétend commettre un acte aussi odieux au nom de l'Islam agit en totale contradiction avec l'Islam", a-t-il assuré.
Les attaques visant des passants sont rares dans le pays alpin, où les agressions à l'arme blanche sont généralement davantage liées à la criminalité ou aux conflits personnels.
Winterthour, sixième ville de Suisse, est située à environ 25 km au nord-est de Zurich. Elle est considérée comme un des centres de l'industrie du pays, avec plusieurs grandes entreprises y ayant établi leur siège social.

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