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Strasbourg: verdict mercredi contre l'ostéopathe jugé pour viols
information fournie par AFP 10/06/2026 à 08:33

L'ostéopathe jugé à Strasbourg pour viols et agressions sexuelles sur 29 patientes va être fixé sur son sort au terme d'un procès où il a été décrit comme "un prédateur" tandis que lui plaide la "maladresse" ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

L'ostéopathe jugé à Strasbourg pour viols et agressions sexuelles sur 29 patientes va être fixé sur son sort au terme d'un procès où il a été décrit comme "un prédateur" tandis que lui plaide la "maladresse" ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

L'ostéopathe jugé à Strasbourg pour viols et agressions sexuelles sur 29 patientes sera fixé sur son sort mercredi au terme d'un procès où il a été décrit comme "un prédateur" tandis que lui plaide la "maladresse".

Décrivant un "comportement de prédateur" - mot également employé par des victimes présumées -, qui a agi dans des "circonstances particulièrement détestables", l'avocate générale Agnès Robine a requis mardi la peine maximale, soit 20 ans de réclusion criminelle, contre Pierre Garitte.

Le praticien de 37 ans est jugé depuis le 1er juin devant la cour criminelle du Bas-Rhin pour huit viols et 23 agressions sexuelles sur 29 patientes au total, avec la circonstance aggravante d'actes commis "abusant de l'autorité que lui confère sa fonction".

L'accusé, qui comparaît libre sous contrôle judiciaire, pourra prendre la parole une dernière fois mercredi matin à la reprise de l'audience, puis la cour se retirera pour délibérer.

Il est accusé d'avoir touché ou pénétré les parties intimes des patientes sans leur consentement, dans son cabinet d'Eschau, en banlieue sud de Strasbourg, sous couvert de soins.

La première plainte à son encontre remonte à 2018. Mais l'enquête n'avait réellement débuté qu'avec la plainte pour viol d'une patiente en octobre 2020.

En épluchant son répertoire de patientes, les enquêteurs avaient remonté le fil et identifié d'autres femmes témoignant d'actes répréhensibles.

"Nul en anatomie"

Tout au long du procès, Pierre Garitte a nié la plupart des pénétrations et affirmé avoir toujours agi dans un but thérapeutique, sans arrière-pensée sexuelle et en expliquant ses actes aux patientes.

"J'ai dû être nul en anatomie", s'est-il défendu vendredi, invoquant des "maladresses".

"Je me rends compte que j'ai blessé des gens profondément", a dit ce grand brun barbu, père de deux enfants, qui n'exerce plus aujourd'hui.

Son avocat, Yves Sauvayre, a jugé la peine requise "démesurée".

"Il a toujours dit +j'ai prévenu+, il a toujours dit +quand j'ai fait quelque chose, les patientes savaient ce qui se passait+. C'est sa parole", a-t-il dit.

L'avocate générale a jugé les "dénégations" de l'accusé "préoccupantes en termes de récidive".

Deux experts ont évoqué une personnalité "narcissique" tendant à outrepasser les règles ou à renverser la culpabilité.

Alors qu'il était déjà sous le coup de plaintes, il faisait signer à ses patients une "lettre de consentement", dans laquelle ils s'engageaient à lui signaler toute "gêne ou incompréhension" de leur part.

"Dignité" des patientes

Pendant le procès se sont succédé à la barre les anciennes patientes, tremblantes ou en pleurs, racontant leur sentiment d'avoir été trahies par ce soignant en qui elles avaient "confiance".

Elles ont décrit à la cour un mode opératoire similaire: l'ostéopathe mettait sa main contre la leur et la dirigeait vers leurs parties intimes.

Dans certains cas, il leur glissait, par surprise et sans gants, un ou plusieurs doigts dans le vagin, tout en respirant fort, ce qui a laissé penser à certaines qu'il était excité.

"Je pense que j'ai été utilisée comme un objet sexuel par destination, et il a profité de moi, profité de la confiance qu'on met dans un sachant", avait déclaré Caroline, 50 ans, - citée sous un prénom d'emprunt, comme toutes les femmes ayant parlé devant la cour, pour préserver leur anonymat.

Une autre patiente, Chantal, avait dit s'être sentie "salie, dégoûtée".

La justice ne devra pas seulement condamner un criminel, mais aussi "redonner à toutes ces femmes la légitimité de leur corps et leur dignité", a plaidé Lavleen Singh-Bassi, avocate d'une femme qui dénonce un viol commis devant son enfant de cinq ans.

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