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Sous pression, Macron reconduit Nuñez mais réclame des changements de méthode "face aux casseurs"
information fournie par AFP 19/10/2026 à 07:19

Emmanuel Macron à l'Elysée, Paris, le 18 octobre 2026 ( POOL / Ludovic MARIN )

Emmanuel Macron à l'Elysée, Paris, le 18 octobre 2026 ( POOL / Ludovic MARIN )

Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi.

Sous pression après les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre, le chef de l'Etat a reçu dimanche la démission de Laurent Nuñez. Mais il a choisi de reconduire le locataire de la place Beauvau, au nom "de la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel", a fait savoir l'Elysée dans un communiqué lundi.

Le président a par ailleurs de nouveau réclamé de la "transparence", pointant "les défaillances d’anticipation et de renseignements" qui ont conduit à des émeutes et des destructions. Une gestion qui a abouti à des chiffres vertigineux de 2.400 interpellations et près d'un millier de forces de l'ordre blessées, selon les autorités, mais qui a été étrillée notamment par les maires de Paris, Marseille ou Limoges.

Surtout, face au saccage des rues et aux pillages des magasins dont l'ampleur a sidéré le pays samedi, Emmanuel Macron également demandé au ministre de l’Intérieur de déployer "au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action (...) en matière de lutte contre les casseurs".

Dimanche soir, le chef de l'Etat s'était déjà exprimé dans une allocution solennelle, affirmant que "ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre", a affirmé Emmanuel Macron.

"Nous ressentons tous (...) de la colère, de la honte", a poursuivi M. Macron, par ailleurs soumis au feu nourri des oppositions à six mois de la présidentielle.

"Crise profonde"

En retour, la dirigeante du Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé "une crise profonde de confiance, d'autorité, qui fait peser une menace sur la démocratie" tandis que le chef de file insoumis Jean-Luc Mélenchon a accusé le chef de l'État de jouer le "pourrissement".

De nouveaux heurts ont éclaté en fin de journée à Paris, sur la place de la République, épicentre de la mobilisation dans la capitale. Des pillages et des nouvelles tentatives de pillages par des petits groupes d'individus dans la soirée de dimanche à lundi ont été rapportés par les journalistes de l'AFP et les autorités à Paris, Lyon ou encore Marseille. Dans la capitale, la police a fait état d'un total de 92 interpellations aux alentours de minuit.

Face au choc provoqué par les violences, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit tenir à partir de 10H00 une cellule interministérielle de crise qui portera sur trois volets, "économie-commerce", "assurance" et "suivi judiciaire", selon Matignon.

Le Premier ministre a par ailleurs été chargé par Emmanuel Macron de réunir partis, syndicats, collectivités et parlementaires.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, dont la démission était demandée à gauche, est, pour sa part, attendu à Marseille, ville frappée de plein fouet par les violences, où les autorités ont recensé jusqu'à 30.000 pilleurs samedi.

A partir de 9H00, des commerçants, distributeurs, hôteliers et restaurateurs, ainsi que les banques et assurances sont par ailleurs attendus à Bercy pour faire le point sur l'ampleur des dégâts matériels.

Samedi, quelque 1.500 commerces ont été pris pour cible selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui évalue le coût des dommages à "plusieurs centaines de millions d'euros".

"On a besoin que les institutions, je pense bien sûr à l'État, à la région et à la métropole, se mobilisent aussi très très vite pour venir en aide aux commerçants", a déclaré le maire de Lyon, Grégory Doucet.

"Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser (...). Nous serons intraitables", a certifié Emmanuel Macron lors de son allocution.

"Spirale"

Après ce week-end de chaos, qui a sidéré la presse internationale, l'Association des maires de France (AMF) appelle, elle, à des rassemblements "à partir de midi" devant les mairies pour dénoncer les "attaques graves portées contre les institutions démocratiques".

Samedi, de nombreux manifestants ont rapporté avoir été "nassés" et aspergés de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre et certains d'entre eux ont été grièvement blessés.

A Saint-Etienne, un manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade et à Mulhouse (Haut-Rhin), une jeune femme du même âge a perdu un œil.

La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger : le président américain Donald Trump a écrit que "la France brûle", estimant que le pays était "brisé" par l'immigration.

Habitué des grandes mobilisations, le pays a déjà connu des épisodes de violences avec la crise des gilets jaunes en 2018-2019 mais la journée de samedi a marqué, selon certains observateurs, un point de bascule inédit.

"Il est urgent que le calme revienne, que la République reprenne le dessus et que la France sorte de cette spirale de la violence qui finira par tous nous engloutir", a écrit sur X le candidat du PS à la présidentielle, Raphaël Glucksmann.

10 commentaires

  • 08:05

    Armée a tirs Reel et basta ,sinon sa va finir en guerre civile,car ils commencent a rentré chez les particuliers


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