Aurore Bergé, ministre chargée de l' égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, le 11 avril 2026 à Paris ( AFP / Ian LANGSDON )
L'enquête à la Cour de justice de la République (CJR) visant Aurore Bergé, soupçonnée d'avoir menti sous serment sur ses liens avec une lobbyiste des crèches privées, est terminée, sans mise en examen de la ministre, a-t-on appris lundi auprès du parquet.
"Cette information judiciaire ouverte est clôturée. Le dossier a été communiqué au ministère public pour règlement. Aucune mise en examen n’est intervenue dans cette procédure", a précisé le parquet général près la Cour de cassation, confirmant une information de Ouest-France.
"La décision appartient aujourd’hui aux magistrats de la CJR et à eux seuls", a réagi l'avocate d'Aurore Bergé, Me Jade Dousselin, interrogée par l'AFP, tout en précisant qu'il ne lui appartenait "pas de communiquer sur ce sujet" et ne pas savoir qui avait rendu publique cette information.
"La ministre rappelle qu'elle a toujours démenti catégoriquement les accusations qui étaient portées à son encontre et qu'elle a déposé plainte en diffamation", a-t-elle poursuivi.
La ministre à l'Égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, ex-présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale, a été entendue deux fois dans cette enquête, en juin et octobre 2025. Elle avait alors été placée sous le statut de témoin assisté.
L'information judiciaire dans ce dossier avait été ouverte début 2025 après un signalement du bureau de l'Assemblée nationale.
Des députés de La France insoumise et du groupe Écologiste et Social soupçonnaient la ministre, issue de LR, d'avoir passé sous silence des relations avec les lobbys devant la commission d'enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches, le 30 avril 2024.
Sous serment, la ministre avait affirmé n'avoir aucun "lien personnel, intime ou amical, ni d'accointances" avec la déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC), Elsa Hervy.
Les gendarmes de la section de recherches de Paris et trois magistrats de la CJR ont cherché à déterminer si Mme Bergé et la lobbyiste, Elsa Hervy, avaient une relation particulière, qui aurait pu être sciemment cachée par la ministre qui avait alors le portefeuille des Familles.
Dans son livre-enquête "Les Ogres" (Flammarion), sur les dérives de certains groupes privés de crèches, le journaliste Victor Castanet évoquait un "pacte de non-agression" qui aurait été conclu entre Mmes Bergé et Hervy.
La FFEC et Elsa Hervy ont elles aussi porté plainte en diffamation à l'encontre de Victor Castanet.

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