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Soudan-L'armée riposte face aux paramilitaires, 59 civils tués
information fournie par Reuters 16/04/2023 à 17:55

 (Actualisé avec nouveaux développements)
    par Khalid Abdelaziz et Nafisa Eltahir
       KHARTOUM, 16 avril (Reuters) - 
    L'armée soudanaise semble avoir pris le dessus dimanche face
à au principal groupe paramilitaire du pays après avoir mené des
frappes aériennes contre ses positions, le bilan de cette lutte
de pouvoir sanglante s'élevant à au moins 59 civils tués, dont
trois employés de l'Onu.
  
        Des combats ont éclaté samedi entre des unités de
l'armée fidèles au général Abdel Fattah al-Burhan, chef du
Conseil souverain de transition du Soudan, et des miliciens des
Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo,
connu sous le nom de Hemedti, qui est le chef adjoint du
Conseil.
  
        Il s'agit du premier affrontement entre les deux camps
depuis qu'ils se sont alliés pour évincer du pouvoir l'autocrate
islamiste Omar Hassan al-Bashir, en 2019. L'événement
déclencheur a été un désaccord sur l'intégration des FSR dans
l'armée dans le cadre d'une transition vers un régime civil.
  
        Les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Égypte, l'Arabie
saoudite, le Conseil de sécurité des Nations unies, l'Union
européenne et l'Union africaine ont appelé à une fin rapide des
hostilités qui menacent d'aggraver l'instabilité dans la région.
  
        Les efforts déployés par les pays voisins et les
organismes régionaux pour mettre fin aux violences se sont
intensifiés dimanche. L'Égypte et le Sud-Soudan ont notamment
proposé une médiation entre les deux camps.
  
        L'armée soudanaise et les FSR se disputent le pouvoir
alors que les factions politiques négocient la formation d'un
gouvernement de transition après le coup d'État militaire de
2021. On ne savait pas où se trouvait Hemedti dimanche, tandis
que Abdel Fattah al-Burhan était à l'intérieur du quartier
général de l'armée, dans le centre de la capitale Khartoum.
  
        Des témoins et des habitants ont déclaré à Reuters que
l'armée avait mené des frappes aériennes sur les casernes et les
bases des paramilitaires, notamment à Omdurman, de l'autre côté
du Nil par rapport à Khartoum, et qu'elle avait réussi à
détruire la plupart des installations.
  
        
  
        UNE PARTIE DU PALAIS PRÉSIDENTIEL REPRISE PAR L'ARMÉE 
  
        Selon les mêmes sources, l'armée a également repris le
contrôle d'une grande partie du palais présidentiel de Khartoum,
que les deux camps revendiquaient, ainsi que d'autres sites clé
de la capitale, où de violents combats ont fait rage tout au
long de la journée de dimanche.
  
        Des membres des FSR sont restés à l'intérieur de
l'aéroport international de Khartoum, assiégé par l'armée, mais
celle-ci s'est abstenue de les attaquer pour éviter des dommages
importants, ont indiqué des témoins.
  
        "L'heure de la victoire est proche", a déclaré l'armée
dans un communiqué dimanche. "Nous prions pour qu'il y ait de la
miséricorde pour les innocents victimes de cette aventure
téméraire de la milice rebelle (...). Nous aurons bientôt de
bonnes nouvelles pour notre peuple patient et fier, si Dieu le
veut."
  
        Selon des témoins et des habitants, les milliers de
membres des FSR sont toutefois déployés dans des quartiers de
Khartoum et d'autres villes, sans qu'aucune autorité ne soit en
mesure de les contrôler.
  
        "Nous avons peur, nous n'avons pas dormi depuis 24
heures à cause du bruit et des tremblements de la maison. Nous
craignons de manquer d'eau, de nourriture et de médicaments pour
mon père diabétique", a déclaré à Reuters Huda, une jeune
habitante du sud de la capitale.
  
        "Il y a tellement de fausses informations et tout le
monde ment. Nous ne savons pas quand ni comment cela va se
terminer", a-t-elle ajouté.
  
        Les syndicats de médecins ont fait état de difficultés
pour se rendre dans les hôpitaux et ont appelé l'armée et les
FSR à assurer des voies d'accès sûres. Dans le journée de
dimanche, l'armée a approuvé une proposition de l'Onu visant à
garantir un accès sûr pour les cas humanitaires urgents pendant
trois heures chaque jour à partir de 16h (14h GMT).
  
        La société de télécommunications soudanaise MTN a bloqué
internet sur ordre de l'autorité gouvernementale de régulation,
ont en outre déclaré deux responsables de la société dimanche.
  
        
  
        L'ONU SUSPEND SES OPÉRATIONS D'AIDE ALIMENTAIRE
  
        Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'Onu a
déclaré avoir temporairement interrompu toutes ses opérations au
Soudan après que trois employés soudanais ont été tués au cours
d'affrontements dans le nord du Darfour et qu'un avion du PAM a
été touché lors d'une fusillade à l'aéroport de Khartoum.
  
        Le Comité central des médecins soudanais a indiqué qu'au
moins 56 civils avaient été tués et 595 personnes, y compris des
combattants, blessées depuis le début des combats.
  
        Des dizaines de militaires ont été tués, a déclaré le
comité des médecins, sans donner de chiffre précis en raison du
manque d'informations directes en provenance des hôpitaux.
  
        Les combats de ce week-end ont fait suite à des tensions
croissantes concernant l'intégration des FSR dans l'armée. Les
divergences de vue sur le calendrier de cette intégration ont
retardé la signature d'un accord avec les partis politiques,
soutenu par la communauté internationale, sur une transition
vers la démocratie.
  
        Une confrontation prolongée risquerait de plonger le
Soudan dans un conflit généralisé, alors que le pays est
confronté à une grave crise économique et à des violences
tribales, et faire échouer les efforts déployés pour organiser
des élections.
  
        L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, puissances
riches en énergie, ont cherché à influencer les événements au
Soudan, voyant dans la transition de l'ancien président Bashir
un moyen de faire reculer l'influence des islamistes et
d'améliorer la stabilité dans la région.
  

 (Reportage additionnel de Khalid Abdelaziz à Kartoum, Nafisa
Eltahir au Caire et Angelo Amante à Rome, version française
Camille Raynaud et Benjamin Mallet)
 

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