Ce principe, que le futur ex-Premier ministre hongrois a largement tourné à son avantage pour torpiller des mesures en soutien de l'Ukraine, peut placer l'Union européenne dans un "danger existentiel", juge le ministre allemand des Affaires étrangères.
Johann Wadephul, à Rabat, le 30 avril 2026 ( AFP / ABDEL MAJID BZIOUAT )
Comment tirer les leçons de la paralysie? Après des années de tensions dans la conduite des politiques européennes, le ministre allemand des Affaires étrangères a plaidé mercredi 6 mai pour l'abrogation du droit de veto sur les décisions du Conseil de l'Union européenne, qui a conduit à des blocages notoires par le Premier ministre hongrois Viktor Orban. "La majorité qualifiée" est le principal "levier" pour que Bruxelles "gagne en rapidité, en particulier dans la politique étrangère et de sécurité commune" , a déclaré Johann Wadephul lors d'un discours à la Fondation Konrad-Adenauer, boîte à idées de son Union chrétienne-démocrate (CDU).
Conjointement avec les eurodéputés, le Conseil de l'UE adopte les législations proposées par la Commission, la plupart du temps à la majorité qualifiée (au moins 55% des Etats, représentant 65% de la population européenne). Cependant, certains textes relatifs à la politique étrangère (sanctions, élargissement de l'UE...) ou à la fiscalité ne peuvent être adoptés qu'à l'unanimité des 27 membres.
"Les fonds européens ne doivent pas aller à ceux qui enfreignent nos valeurs communes""
Avec la fin de l'unanimité, Berlin ne "renoncera pas pour autant à la recherche du consensus", promet Johann Wadephul, pour qui il est essentiel de mettre fin aux "blocages qui ont parfois pris l'UE en otage d'intérêts nationaux et étrangers". M. Wadephul n'a pas mentionné Viktor Orban, dont la défaite aux élections hongroises du 12 avril au profit de son successeur Peter Magyar a provoqué un immense soulagement au sein de l'UE, contrainte de composer durant 16 ans avec un Premier ministre qui a bloqué une série de dossiers, dont celui de l'Ukraine.
"Sur les questions de sécurité, le principe de l'unanimité peut nous placer dans un danger existentiel. (...) Nous le voyons chaque jour en Ukraine", a insisté Johann Wadephul. L'Allemagne veut aussi "renforcer concrètement l'Etat de droit" avec un plus grand "mécanisme de conditionnalité", a aussi distillé le ministre, pour qui "les fonds européens ne doivent pas aller à ceux qui enfreignent nos valeurs communes".
La Cour de justice de l'UE a épinglé en avril la Hongrie pour son traitement des personnes LGBT+, estimant que Budapest avait "violé le droit de l'Union". Au sujet de l'élargissement de l'UE, M. Wadephul propose un processus d'adhésion "par étapes" afin de "lever les réserves de certains membres" effrayés par des adhésions jugées "précoces".
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