La part complémentaire Agirc-Arrco représente entre 30% (pour les faibles revenus) et 60% (pour les cadres) de la pension totale.
( AFP / PHILIPPE HUGUEN )
Après un gel l'an dernier faute d'accord, les retraites complémentaires des ex-salariés du privé seront-elles revalorisées cet automne ? Syndicats et patronat -gestionnaires de l'Agirc-Arrco- vont plancher mercredi 23 septembre sur diverses projections financières, dans l'espoir de conclure, mi-octobre, un accord sur une hausse comprise entre +1,2% et +2%.
La réunion prévue mercredi soir est officiellement technique: les services de l'Agirc-Arrco présenteront aux représentants des organisations syndicales et patronales les prévisions actualisées de l'Insee (inflation, évolution des salaires, croissance...), et diverses projections financières, pour les aider à se prononcer sur l'évolution des pensions au 1er novembre.
"On demandera un effort substantiel"
Dans les faits, ces discussions sont aussi "politiques", observent des participants. Au moment où les partenaires sociaux tentent de relancer un agenda social autonome , indépendant de l'Etat, ils veulent éviter de reproduire le scénario de l'an dernier: dans ce régime vu comme un modèle de paritarisme, l'échec des négociations, sur fond de tensions autour de la suspension de la réforme des retraites, avait conduit au gel des pensions complémentaires des 14 millions de pensionnés, et de la "valeur d'achat du point", dont dépendent les recettes du régime.
"On a largement les moyens" de revaloriser de 2%, assure le négociateur de la CGT, Denis Gravouil, rappelant que parallèlement, l'exécutif veut geler une partie des pensions de base, dans un contexte de tensions majeures sur le pouvoir d'achat. "On demandera un effort substantiel", indique Fabien Guimbretière (CFDT).
Interrogé par l'AFP, le Medef dit seulement rechercher des "solutions responsables", pour "préserver durablement l'équilibre" des comptes.
Les règles du régime sont claires: les pensions doivent normalement être légèrement sous-indexées (de 0,4 point) par rapport à l'inflation. Mais le conseil d'administration peut, en fonction de la santé du régime, élever ce taux jusqu'à l'inflation, ou lui retrancher 0,4 point supplémentaire.
Quels freins?
Avec une inflation estimée à 2% cette année, la hausse doit donc être comprise entre +1,2 et +2%. Elle devra respecter la "règle d'or": garder en réserve "six mois de versements" disponibles, à tout moment sur les quinze prochaines années. Les réserves atteignent aujourd'hui 90 milliards d'euros, soit 10 mois.
Deux paramètres restreignent les marges de manoeuvre: le résultat technique du régime sera cette année "proche de zéro" ; et la hausse des retraites ne peut pas "dépasser celle des salaires", soit "environ +1,8%", observe une source interne à l'Agirc-Arrco, anticipant un accord "entre 1,4 et 1,8%".
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