Sébastien Lecornu à Dzaoudzi, en 26 août 2026. ( AFP / MARINE GACHET )
"Je déplore que le débat public de ces derniers jours ait pu donner l'impression que les retraités seraient les seuls mis à contribution, c'est faux et injuste", a fait savoir le Premier ministre Sébastien Lecornu auprès du Figaro jeudi 17 septembre.
Pour ramener le déficit à 5% du produit intérieur brut (PIB) en 2027, les retraités seront eux aussi mis à contribution. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu l'assure : l'effort qui leur sera demandé restera "inférieur à six milliards d'euros" et ses modalités - désindexation par rapport à l'inflation ou suppression d'un abattement - seront décidées au Parlement, a-t-il affirmé jeudi 17 septembre auprès du Figaro.
"Aucune pension ne diminuera. Ensuite, le débat sur le rythme d'augmentation sera tranché au Parlement", indique le Premier ministre, tout en disant envisager un gel des retraites les plus importantes. "Je déplore que le débat public de ces derniers jours ait pu donner l'impression que les retraités seraient les seuls mis à contribution, c'est faux et injuste", ajoute-t-il.
Normalement, les pensions de base augmentent chaque année selon le niveau d'inflation, ce qui a conduit à une hausse de 15% entre 2022 et 2026. En 2027, cette indexation coûterait "plus de 6 milliards d'euros" et "on n'a pas aujourd'hui le premier euro", avait assuré vendredi dernier le ministre des Comptes publics, David Amiel. Il avait évoqué deux pistes pour dégager une telle somme : geler les pensions ou supprimer l'abattement de 10% d'impôts dont bénéficient les retraités, qui représente environ le même montant de dépense.
Matignon dit vouloir "protéger" les petites pensions d'un éventuel gel
Le gouvernement, qui vise désormais moins de 6 milliards, n'exclut pas un panachage : désindexer seulement les pensions supérieures à un certain niveau de revenus et, parallèlement, réformer l'abattement fiscal des retraités. Un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires a, par exemple, proposé de remplacer cet abattement de 10% par une déduction unique et forfaitaire, en la calculant de manière à ne mettre à contribution que les 10% de retraités les plus favorisés. Autre possibilité : réduire le montant maximum que l'on peut déduire des revenus imposables, aujourd'hui plafonné à environ 4.400 euros.
Matignon dit vouloir "protéger" les petites pensions d'un éventuel gel, mais reste à savoir jusqu'à quel niveau de revenus. En 2020, par exemple, les pensions des retraités touchant plus de 2.000 euros bruts mensuels (pension de base, complémentaire et majorations pour enfants comprises) n'ont été revalorisées que de 0,3%, contre 1% pour les plus modestes.
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