( AFP / KIRAN RIDLEY )
"On est aujourd'hui sur un marché saturé", explique Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira conseil, qui publie une étude ce mardi 26 mai.
Une année ni de crise, ni de reprise, mais "de bascule". Le marché de la restauration connaît sa plus faible hausse de fréquentation depuis la période post-Covid , selon une étude du cabinet Gira conseil publiée ce mardi 26 mai.
La majorité du chiffre d'affaires de la restauration hors domicile est captée par la restauration commerciale (chaînes, groupes, indépendants, bars-brasseries) qui pèse 58,7% du total. Puis viennent les commerces alimentaires alternatifs (boulangeries, stations-services, offres de snacking des grandes et moyennes surfaces, commerces de bouche...) avec 19,8%, la restauration collective avec 17,3%. Enfin, la restauration hôtelière (3,9%) et la restauration automatique (distributeurs de pizzas, sandwichs...) avec 0,2%.
Au sein de la restauration hors domicile, la restauration traditionnelle avec service à table capte 44% du chiffres d'affaires contre 56% pour la vente au comptoir (qui inclut aussi bien la restauration rapide que la restauration collective). Le cabinet, spécialisé dans la restauration, note que le marché de la restauration est "toujours plus compétitif" avec une croissance de 2,1% des points de vente, à plus de 415.500 en 2025 mais "la fréquentation stagne, à +1% seulement, soit la plus petite hausse depuis la période post-Covid".
"Il y a 100 restaurants qui ferment par an et il y en a 130 qui ouvrent"
"Ce n'est pas une année de crise, ce n'est pas une année de reprise. C'est une année de bascule très importante et même de sélection naturelle", analyse Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira conseil. Dans ce marché polarisé, 60% des acteurs surperforment avec une augmentation de la fréquentation entre 8 et 15% et 40% vacillent (de -30 à -10%). "Il y a 100 restaurants qui ferment par an et il y en a 130 qui ouvrent", ajoute Bernard Boutboul.
"On est aujourd'hui sur un marché saturé, qui n'est pas saturé par le restaurant tel qu'on le connaît traditionnellement avec les services à table, parce que c'est pas vraiment eux qui se développent : c'est plutôt la restauration rapide et les commerces alimentaires alternatifs", décrypte-t-il, soulignant l'importance du contexte inflationniste. "Aujourd'hui, le leader du déjeuner des actifs en France, c'est la boulangerie du coin, que vous soyez en milieu rural ou à Paris", affirme Bernard Boutboul, relevant qu'elles ont diversifié leur offre, au-delà des sandwichs, en proposant "des petits plats cuisinés, des quiches, des pizzas, et des salades composées". Pour autant, dans les acteurs en bonne santé économique, des restaurants traditionnels, notamment les bouillons ou des tables bistronomiques, arrivent à attirer les nouvelles générations de consommateurs.
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