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Renseignement, défense aérienne, écoles de guerre... : la France et la Turquie signent un programme de coopération militaire
information fournie par Boursorama avec Media Services 08/10/2026 à 17:49

De nombreux sujets sont clivants entre les deux pays, mais les points de convergence sont tout aussi nombreux.

( POOL / LUDOVIC MARIN )

( POOL / LUDOVIC MARIN )

Paris et Ankara ont signé jeudi 8 octobre une "feuille de route pour développer leurs relations en matière de défense et de sécurité". Un accord qui ouvre la voix à des coopération en matière de renseignement, de défense aérienne, d'interopérabilité des systèmes ou encore à des échanges entre écoles de guerre.

Les deux membres de l'Otan divergent parfois, voire sont rivaux sur certains théâtres , selon les enjeux géopolitiques. Mais ils souhaitent institutionnaliser leurs relations militaires sur leurs intérêts communs.

La feuille de route prévoit notamment "la lutte contre les menaces hybrides, le partage de renseignements, un renforcement de la coopération en matière de défense aérienne et l'amélioration de l'interopérabilité des systèmes" d'armement , selon le ministère turc de la Défense.

Des formations sont aussi prévues, ainsi que des entraînements conjoints et "des échanges réciproques (...) entre les écoles de guerre". Des réunions régulières se tiendront alternativement à Paris et à Ankara, la première "pour le dernier trimestre 2026", selon la même source.

Samedi, le directeur général des relations internationales et de la stratégie de l'armée française (DGRIS) avait salué sa rencontre à Paris avec son "homologue turc, le lieutenant-général İlkay Altındag pour un dialogue stratégique" bilatéral.

Des relations contrastées

"Dans un environnement géopolitique marqué par la guerre en Ukraine et les tensions persistantes au Moyen-Orient, cette rencontre nous a permis de partager nos analyses et d'identifier des convergences", avait ajouté Guillaume Ollagnier sur LinkedIn, évoquant déjà cette "feuille de route".

Les relations franco-turques sont contrastées. En 2020, un incident avait opposé leurs marines en Méditerranée.

La France participait pour l'Otan à une tentative de contrôle d'un cargo suspecté de transporter des armes en Libye. Les navires turcs assuraient la protection du cargo et ont illuminé le navire français "avec leur radar de conduite de tir", selon Paris. Une version contestée par Ankara.

Bien d'autres sujets restent clivants mais les points de convergence sont tout aussi nombreux. Les deux pays sont membres de la Coalition des volontaires, prête à mettre en œuvre des garanties de sécurité pour l'Ukraine après un hypothétique cessez-le-feu avec la Russie.

Le Royaume-Uni sera la nation-cadre pour le volet terrestre, la France pour le volet aérien et la Turquie pour la partie maritime, a indiqué à l' AFP une source informée du dossier en France.

D'un point de vue industriel, la Turquie est par ailleurs intéressée depuis des années par le système franco-italien de missiles sol-air mobile SAMP-T (ou Mamba). Ankara pourrait vouloir ainsi compenser la perte des systèmes S-400, achetés à la Russie mais qu'elle veut revendre à un pays tiers, suite à de vives tensions sur le sujet avec Washington.

2 commentaires

  • 19:27

    Un accord avec la Turquie.... On peut au minimum être surpris. Avec de tels amis, on n'a pas besoin d'ennemis... L'article relate l'accrochage naval de juin 2020 mais quelques mois plus tard il y en a eu un autre plus sérieux au sujet des îles Grecques. Ça fait beaucoup pour un pays amis. Il est vrai que l'on fait la paix avec ses ennemis.


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