Un loup dans le zoo de la Bourbansais, à Pleugueneuc, en Ille-et-Vilaine, le 15 juillet 2015 ( AFP / PHILIPPE HUGUEN )
Le quota de loups qu'il sera possible d'abattre en 2026 sera relevé dans les prochains jours de 21 à 23% de la population globale, une possibilité prévue par la loi, a annoncé jeudi la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.
"Nous activerons tout prochainement les 2 points (supplémentaires) pour que le plafond passe de 21 à 23%", a-t-elle déclaré depuis le Sommet de l'élevage en Auvergne.
"Il y aura des conditions pour le tir, car si la barre de 23% est atteinte trop tôt, plus personne n'aura le droit de tirer, et je veux éviter cela", a-t-elle déclaré aux éleveurs, qui recensent chaque année plus de 10.000 pertes d'animaux en raison de la prédation du loup.
En France, l'abattage de loups est interdit en milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux. Une procédure est définie pour les "tirs de prélèvement", c'est-à-dire indépendamment de l'attaque d'un troupeau en cours. Un nombre maximum de loups pouvant être abattu est fixé chaque année, sur une population estimée à un peu plus d'un millier d'individus.
En 2025, le quota était de 19%, soit 190 loups tués. Le relèvement des plafonds avait été annoncé en janvier, sous la pression de syndicats agricoles en plein mouvement de manifestations. Certains départements alpins réclament un plafond à 30%.
"Je vous annonce aussi que si le plafond de tir n'est pas atteint une année, les loups non éliminés pourront être additionnés au plafond de l'année suivante", a ajouté la ministre, précisant ensuite à des journalistes qu'un décret serait présenté d'ici le 12 octobre pour une publication en décembre.
Cette publication devrait s'accompagner du texte d'application de la loi d'urgence agricole, adoptée cet été, qui prévoit de doter les éleveurs habilités de moyens de défense comme les lunettes de tir à visée nocturne ou thermique.
La ministre a aussi annoncé la publication "avant" le prochain Salon de l'agriculture (fin février) d'autres textes d'application de cette loi controversée, comme l'ordonnance qui doit réformer le système d'autorisation environnementale appliqué à l'élevage.
Le texte, qui crée un régime spécifique aux éleveurs alors qu'ils étaient jusque-là traités comme d'autres installations industrielles classées pour la protection de l'environnement (ICPE), a été soumis à la consultation du public cette semaine et salué par les filières concernées.
Concrètement, il permettra d'abaisser les seuils de volailles et de porcs à partir desquels une autorisation est nécessaire et assouplira le régime d'enregistrement, déjà moins contraignant que l'autorisation, en le remplaçant par un "permis simplifié".

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