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Quelles sont les prochaines étapes du plan Trump pour Gaza ?
information fournie par Reuters 02/02/2026 à 12:38

La réouverture lundi du passage frontalier de Rafah entre la bande de Gaza et l'Égypte marque une étape majeure pour le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin au conflit dans l'enclave palestinienne, bien que de nombreuses questions restent en suspens quant à l'avenir du territoire.

La mise en oeuvre du plan américain, qui en est maintenant à sa deuxième phase, ne va pas sans entraves et se voit menacer par les attaques israéliennes répétées qui ont fait des centaines de morts à Gaza, ainsi que par la résistance du Hamas à déposer les armes.

Tour d'horizon sur l'avancée du plan et les questions clés à résoudre.

QUEL EST LE PLAN DE TRUMP POUR GAZA ?

En septembre, Donald Trump a présenté son plan en 20 points pour un cessez-le-feu initial, suivi de mesures visant à une résolution plus large du conflit.

Ce plan prévoit le désarmement du Hamas et la fin de son rôle dans la gouvernance de Gaza, le retrait des forces israéliennes et une vaste reconstruction du territoire sous supervision internationale.

Largement approuvé au niveau international, le plan est toujours débattu entre les parties concernées sur certains points.

L'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a été signé le 9 octobre, marquant la première phase du plan américain.

Cette phase prévoyait l'arrêt des combats, la libération de tous les otages encore détenus à Gaza en échange de milliers de prisonniers palestiniens détenus par Israël et un retrait partiel de Tsahal. Une augmentation de l'aide humanitaire entrant dans l'enclave et la réouverture du passage frontalier de Rafah était également au nombre des conditions préalables à la deuxième phase du plan.

Ces conditions, et le plan dans son ensemble, ont été approuvées par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a autorisé la mise en place d'un organe de transition et d'une force internationale de stabilisation à Gaza.

QUELLE EST LA SITUATION ACTUELLE ?

Le cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre et a mis fin aux combats à grande échelle, même si les affrontements n'ont pas complètement cessé.

Les autorités médicales de Gaza affirment qu'au moins 488 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 10 octobre. L'armée israélienne fait état de quatre soldats tués à Gaza lors de la même période.

Les forces israéliennes se sont retirées et ont suspendu leurs attaques terrestres dans la bande de Gaza, mais Tsahal contrôle toujours plus de 53% de l'enclave, y compris les villes en ruines et désertées le long des frontières israélienne et égyptienne.

La quasi-totalité des plus de 2 millions d'habitants de Gaza sont désormais confinés dans une bande de territoire sur la côte, où le Hamas a réaffirmé son contrôle. La plupart des Gazaouis vivent dans des bâtiments endommagés ou des tentes de fortune.

Selon les agences d'aide humanitaire, Israël n'autorise toujours pas l'entrée de biens de première nécessité à Gaza au rythme convenu dans la première phase de l'accord. Israël affirme respecter ses engagements.

Des groupes palestiniens armés anti-Hamas ont également établi des bases dans les zones de Gaza contrôlées par Israël. Le Hamas les qualifie de collaborateurs sans soutien populaire.

Israël et le Hamas ne semblent pas disposés à résoudre leurs différends sur les mesures à prendre lors de la prochaine phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, le retrait supplémentaire des forces israéliennes et le déploiement de forces de maintien de la paix.

À QUOI FAUT-IL S'ATTENDRE POUR LA DEUXIÈME PHASE ?

Malgré les divergences importantes entre Israël et le Hamas, Washington a lancé la deuxième phase du plan début janvier, annonçant la création d'un comité de technocrates palestiniens chargé de diriger Gaza.

Ces membres seront supervisés par un "Conseil de la paix" composé de dignitaires étrangers et présidé par Donald Trump. Ce conseil, initialement proposé pour régler le conflit à Gaza, a depuis étendu sa mission à la résolution d'autres conflits.

La deuxième phase du plan prévoit également que le Hamas renonce à ses armes et que Gaza soit démilitarisée, en échange du retrait complet des troupes israéliennes.

Il est estimé que le groupe islamiste possède toujours plusieurs centaines de missiles et des milliers d'armes légères, dont des fusils.

Le Hamas a récemment accepté de discuter du désarmement avec d'autres factions palestiniennes et avec des médiateurs, selon plusieurs sources.

Cependant, deux responsables du Hamas ont déclaré à Reuters que ni Washington ni les médiateurs n'avaient présenté au groupe de proposition détaillée ou concrète en matière de désarmement.

Deux hauts responsables israéliens ont déclaré à Reuters que l'armée se préparait à reprendre les hostilités si le Hamas ne renonçait pas à ses armes. Selon eux, Tsahal ne s'attend pas à ce que le Hamas dépose les armes sans une intervention en ce sens.

Le Hamas cherche par ailleurs à intégrer ses 10.000 policiers dans le nouveau gouvernement technocratique de Gaza, ont indiqué des sources. Israël s'oppose à cette demande.

QUELLES SONT LES QUESTIONS EN SUSPENS ?

En vertu du plan américain, une force internationale de stabilisation est destinée à assurer la sécurité et la paix à Gaza. Mais sa composition, son rôle et son mandat sont encore incertains.

L'Autorité palestinienne, qui est reconnue internationalement et exerce une autonomie limitée dans certaines parties de la Cisjordanie occupée par Israël, est censée mener des réformes non précisées avant de jouer un rôle à Gaza.

Les plans pour financer et superviser la reconstruction de Gaza doivent aussi être élaborés. Le gendre de Donald Trump et émissaire américain Jared Kushner a présenté ce mois-ci des plans pour une "nouvelle Gaza". Il a présenté à Davos des photos générées par ordinateur de tours résidentielles, de centres de données et de zones industrielles.

Le plan n'aborde pas la question des droits de propriété ni celle de l'indemnisation des Palestiniens qui ont perdu leur maison, entreprise ou moyens de subsistance pendant la guerre. Il ne précise pas non plus où les Palestiniens déplacés pourraient vivre pendant la reconstruction de Gaza.

De nombreux Israéliens et Palestiniens estiment que le plan de Donald Trump ne sera jamais pleinement réalisé et que le conflit restera gelé indéfiniment.

(Rédigé par Nayera Abdallah et Rami Ayyub, version française Etienne Breban, édité par Sophie Louet)

2 commentaires

  • 13:51

    Expulsion des palestiniens sans indemnités et confiscation de leurs terres? C'est la tradition US.


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