par Coralie Lamarque
Alors que la France fait face à une saison des incendies sans précédent, le comportement du feu est également inédit pour les secours, avec notamment la formation du tout premier pyrocumulonimbus, ou "orage de feu", jamais observé dans l'Hexagone.
Voici ce que l'on sait de ce phénomène météorologique rare :
QU'EST-CE QU'UN "ORAGE DE FEU" ?
Un pyrocumulonimbus est un nuage qui se forme au-dessus d’un vaste incendie de forêt lorsque la chaleur intense propulse la fumée, les cendres et la vapeur d’eau haut dans l’atmosphère.
"On peut le comparer à une cheminée : il y a un feu en bas et la fumée monte tout droit dans la stratosphère", a expliqué à Reuters David Bowman, professeur de pyrogéographie et de sciences du feu à l’université de Tasmanie, en Australie.
Au-delà de l'identification des conditions favorables, la survenue de cet "orage de feu" ne peut pas être prédite, a déclaré Jean-Christophe Vincendon, coordinateur national feux de forêts chez Météo France.
COMMENT AGGRAVENT-ILS LES INCENDIES DE FORÊT ?
Les nuages de feu peuvent rendre les feux de forêt plus dangereux et moins prévisibles en générant des vents puissants qui modifient la direction d’un incendie ou en produisant des éclairs qui déclenchent de nouveaux foyers.
Lorsqu’ils s’épuisent, ils peuvent également déclencher ce que l’on appelle un "effondrement du panache".
"Quand le panache de fumée s’effondre, cela provoque une pluie de débris, de débris enflammés", a expliqué David Bowman.
EN QUOI EST-CE UN TOURNANT POUR L'EUROPE ?
Les autorités françaises ont indiqué samedi qu’un pyrocumulonimbus avait été observé en Gironde où les incendies sévissent, le premier jamais rapporté en France.
Ce phénomène représente une difficulté supplémentaire pour les secours, car la propagation imprévisible de nouveaux départs de feu contraint les autorités à élargir les zones d'évacuation par mesure de précaution, a déclaré Marc Vermeulen, directeur du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Gironde.
Selon David Bowman, l’Europe pourrait désormais observer de nouveau ce phénomène, qui a plutôt tendance à s'observer dans des espaces naturels plus étendus, comme au Canada ou en Australie.
"C'est un tournant extrêmement grave", a déclaré David Bowman. "C'est fascinant, mais c'est aussi absolument catastrophique et terrible, et nous ne voulons tout simplement pas que cela se reproduise."
(Rédigé par Coralie Lamarque)

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