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Programmation militaire : le montant de la rallonge budgétaire aux armées encore dans le grand flou
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/06/2026 à 18:38

L'aile droite du Sénat a réclamé une enveloppe supplémentaire qui sème la discorde au point de paralyser le vote sur la trajectoire budgétaire de la loi. Une Commission mixte paritaire devra désormais parvenir à une conciliation.

Un hélicoptère NH90 Caiman, près du camp militaire de Suippes, en avril 2026 (illustration) ( POOL / AURELIEN MORISSARD )

Un hélicoptère NH90 Caiman, près du camp militaire de Suippes, en avril 2026 (illustration) ( POOL / AURELIEN MORISSARD )

Le Sénat a adopté mardi 9 juin l'actualisation de la loi de programmation militaire, actant la nécessité d'un effort de défense accru d'ici 2030 dans le contexte des conflits internationaux. Mais le montant précis de la rallonge budgétaire aux armées continue de diviser la classe politique.

Combien de milliards en plus pour les armées françaises d'ici la fin de la décennie ? Le débat, épineux en période de disette budgétaire, n'est toujours pas tranché.

Le gouvernement et l'Assemblée nationale proposent 36 milliards d'euros supplémentaires, soit un total de 436 milliards sur la période 2024-2030.

La droite sénatoriale, elle, exige une manne supplémentaire de 14 milliards d'euros pour faire face aux crises potentielles.

Cette divergence a entraîné le rejet par le Sénat de l'article fixant la trajectoire budgétaire de la loi de programmation militaire (LPM), un contretemps pour l'exécutif qui espère voir ce texte aboutir avant la date symbolique du 14 juillet.

Les sénateurs ont donc approuvé mardi un texte bancal, amputé de son volet financier, à 297 voix contre 33. Seuls les groupes communiste et écologiste s'y sont opposés.

Un compromis à trouver

Les parlementaires des deux chambres vont désormais devoir trouver un accord sur cette feuille de route financière, lors d'une commission mixte paritaire (CMP), réunion cruciale de conciliation entre députés et sénateurs. Elle devrait avoir lieu avant la fin juin.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a d'ores et déjà appelé le Parlement à "trouver une solution" qui soit "soutenable" pour les finances publiques. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a également souhaité que ce conclave permette de "trouver un chemin" vers un compromis soutenu "extrêmement largement" au Sénat comme à l'Assemblée nationale.

Les discussions s'annoncent tout de même complexes pour le gouvernement, qui risquerait de perdre le soutien du Parti socialiste s'il donne trop de gages à la droite.

"Nous voulons aller au bout de la négociation", a pour sa part prévenu le sénateur Cédric Perrin, qui pilote l'examen de ce texte pour Les Républicains et entend bien obtenir une rallonge budgétaire dans le texte final.

"La campagne présidentielle de LR ne peut pas être le déterminant de notre défense nationale", rétorque de son côté le socialiste Rachid Temal, qui défendra en CMP un retour aux 36 milliards, seule trajectoire susceptible selon lui de garantir "l'acceptation sociale" de cet effort auprès des Français.

"Dans le contexte international, il serait impensable de rester sur cette impasse", s'est inquiété le sénateur Horizons Claude Malhuret, chef du groupe des Indépendants, appelant ses collègues à trouver "impérativement un compromis" ces prochains jours.

La loi de programmation militaire, qui fixe les grandes orientations et les moyens des armées françaises, n'est toutefois pas contraignante pour le gouvernement, le budget des armées devant être voté chaque année au Parlement dans le projet de loi de finances.

De nombreux parlementaires s'attendent d'ailleurs à ce qu'une nouvelle programmation militaire soit établie par le futur exécutif après l'élection présidentielle, ce qui effacerait dès 2027 les discussions actuelles.

2 commentaires

  • 19:23

    L.acceptation sociale !!!!!! Moi je n.accepte pas


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