Claude Guéant, ex-secrétaire général de l'Elysée, arrive au tribunal de Paris, le 25 septembre 2025, pour le verdict du procès de l'ancien président Nicolas Sarkozy, dans l'affaire du financement libyen ( AFP / JULIEN DE ROSA )
"Nicolas Sarkozy se trompe": l'ancien chef de l'Etat sera interrogé mercredi sur les attestations de Claude Guéant actant leur rupture, a confirmé lundi le président de la cour d'appel qui juge les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.
Malade et absent des audiences, l'ex-secrétaire général de l'Elysée a adressé deux courriers à la cour d'appel, datés des 11 et 26 avril, en réponse à la mise en cause de sa probité par Nicolas Sarkozy.
Communiqué dimanche aux parties, le second confirme leur divorce. L'ancien président et son ancien collaborateur avaient jusqu'alors présenté un front uni, notamment en première instance devant le tribunal correctionnel, qui les avait condamnés à cinq et six ans de prison ferme.
"Je n'ai jamais fait que servir de mon mieux" Nicolas Sarkozy, "suivre ses instructions, et veiller à la mise en oeuvre de sa politique", avait écrit Claude Guéant dans sa première attestation.
"Nicolas Sarkozy dément m'avoir connu avant 2002", "malgré ses facultés de mémoire exceptionnelles (il se dit volontiers hypermnésique)", il "se trompe", écrit-il dans la seconde.
Claude Guéant confirme son récit d'un dîner officiel à Tripoli, le 25 juillet 2007, où, en présence et sur requête du dictateur Mouammar Kadhafi, le président français lui aurait demandé d'examiner la situation judiciaire du N.2 du régime, Abdallah Senoussi.
Celui-ci aurait recherché une levée de son mandat d'arrêt international après sa condamnation à la perpétuité en France pour l'attentat contre le DC-10 d'UTA (170 morts). "Claude, voyez cela", aurait lâché le président fraîchement élu.
Nicolas Sarkozy a réfuté ce récit. "Je suis désolé de dire que là encore Nicolas Sarkozy se trompe", réplique Claude Guéant qui s'"insurge contre son démenti".
Il confirme enfin n'avoir "pas le souvenir" d'avoir immédiatement rendu compte de sa rencontre occulte avec Senoussi fin 2005, dont l'accusation est convaincue qu'elle a servi à ourdir un "pacte de corruption", ce que Claude Guéant a toujours nié.
Mais il l'a "forcément" fait ultérieurement, dit Claude Guéant, évoquant des occasions "qui rendaient naturelle, et même incontournable, cette évocation" avec Nicolas Sarkozy: le compte-rendu des suites du dîner de 2007 ou "lorsque Thierry Herzog (ancien avocat de l'ex-chef de l'Etat, ndlr) a parlé au président du mandat qu'il avait reçu" pour travailler sur le dossier Senoussi.
Après avoir affirmé n'en avoir rien su, Nicolas Sarkozy juge désormais crédible au vu du dossier, que Thierry Herzog avait bien effectué un voyage en Libye fin 2005.
Mais il a nié en être à l'origine, expliquant que son ancien avocat et ami, avait vraisemblablement été mandaté par le pouvoir chiraquien avec son confrère Francis Szpiner.

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