L'hebdomadaire allemand Der Spiegel avance que l'administration de Donald Trump aurait envisagé des sanctions contre les juges ayant condamné Marine le Pen en première instance.
Marine Le Pen à Paris, le 15 octobre 2025. ( AFP / ALAIN JOCARD )
"Rien de tangible", "spéculations", "propos rapportés"... Les soupçons d'ingérences américaines dans le procès en appel du Rassemblement national (RN) ne sont "pas avérés", a estimé jeudi 8 janvier la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Une opinion partagée par le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz. Il faut rester "prudent", ont-ils toutefois convenu.
Le parti d'extrême droite a vivement critiqué mercredi la mise en garde formulée par le président du tribunal de Paris, s'appuyant sur un article de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel selon lequel l'administration de Donald Trump aurait envisagé des sanctions contre les juges ayant condamné Marine le Pen en première instance.
"Il s'agit là de spéculations", a déclaré Maud Bregeon sur franceinfo , ces "soupçons d'ingérence qui viendraient des États-Unis (...) ne sont pas avérés" . "Quand vous reprenez l'article de presse en question, vous avez des propos rapportés, anonymes, sans qu'on sache bien d'où ils viennent exactement", a-t-elle insisté. À propos de Peimane Ghaleh-Marzban, le président du tribunal judiciaire de Paris, elle a rappelé qu'il s'était exprimé "au conditionnel" et qu'il "appelait à la vigilance".
Interrogé jeudi sur franceInfo , le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a relevé pour sa part qu'"à ce stade, il n'y a que des bruits de presse et il n'y a rien de très tangible".
"Ce sont des propos rapportés" , a-t-il ajouté, visant l'article du Der Spiegel .
"Fake news", selon le RN
Le Rassemblement national a protesté mercredi soir contre la sortie du président du tribunal de Paris, "accréditation d'une fake news", basée sur "une information extrêmement douteuse, donnée de façon anecdotique" et "au conditionnel" , selon la formation d'extrême droite. Alors que le parti, Marine Le Pen et onze autres personnes doivent être jugés en appel à partir de mardi dans l'affaire des assistants d'eurodéputés, le RN avait en outre dit craindre "que de tels propos puissent apparaître comme une pression inadmissible sur les magistrats d'appel, sur la base d'un ragot colporté par un média hostile".
Rémy Heitz a néanmoins rappelé un précédent : "Un juge français à la Cour pénale internationale", Nicolas Guillou, "fait l'objet de sanctions américaines pour des décisions (...) auxquelles il a participé" .
"Cela crée vraiment une très forte inquiétude puisqu'on se dit : est-ce que demain, des magistrats français qui pourraient par exemple être amenés à intervenir dans des affaires mettant en cause des intérêts américains, pourraient faire l'objet aussi de telles sanctions? ", a interrogé le haut magistrat. "C'est ce qui explique le contexte. Mais pour ce qui est très clairement du procès (du RN) à venir, là, restons sereins, restons prudents, ne faisons pas de procès d'intention à quiconque", a-t-il insisté.
En mars, Donald Trump avait comparé la condamnation en première instance de Marine Le Pen à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme, 100.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité à ses propres déboires judiciaires.
4 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer