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Présidentielle : Retailleau met les bouchées doubles pour sa rentrée
information fournie par AFP 28/08/2026 à 01:19
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Bruno Retailleau participe à un débat avec d'autres candidats à l'élection présidentielle, le 27 août 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Bruno Retailleau participe à un débat avec d'autres candidats à l'élection présidentielle, le 27 août 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Des punchlines plus percutantes, des propositions plus explicites et davantage de terrain : le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau fait feu de tout bois en cette rentrée politique pour tenter de décoller dans les sondages et faire taire les divergences internes.

"Nous sommes entrés dans le money time", affirme l'entourage du patron des Républicains, reconnaissant qu'il y a "un match dans le match entre les candidats" à droite et au centre "et que c'est maintenant que ça se joue".

Estimé dans les sondages entre 6 et 12%, Bruno Retailleau a préparé cette rentrée décisive avec une équipe plus structurée - le préfet Franck Robine a pris en août ses fonctions de directeur de campagne, des porte-parole doivent être nommés la semaine prochaine. Le voilà plus armé pour rompre avec sa discrétion estivale, officiellement due à l'écriture de son livre à paraître cet automne.

Premier changement : son programme divulgué par étapes depuis son entrée en campagne en février a été simplifié, à l'image de sa promesse que "le travail paye plus", présentée initialement d'une manière assez indigeste et qu'il résume désormais plus directement comme "quasiment deux mois de plus de salaire" pour les employés.

Et puis, le choix des mots: si Jean-Luc Mélenchon et LFI restent son chiffon rouge, il va désormais jusqu'à les qualifier de "collabos" des islamistes.

Idem lorsqu'il cible Edouard Philippe et Gabriel Attal. S'il persiste à nier qu'il soit lui-même macroniste malgré son année passée à Beauvau, il choisit désormais de présenter ses deux rivaux comme des "contaminés" par les deux quinquennats du chef de l'Etat.

Une stratégie qui passe aussi par une présence renforcée sur le terrain. Après les universités d'été du Medef jeudi où il a promis que les entreprises ne seraient plus des "vaches à lait", il se rend vendredi à la Foire agricole de Châlons-en-Champagne pour s'adresser au monde rural auquel il affirme appartenir.

L'objectif de Bruno Retailleau est de "bouleverser" la campagne et de remettre en cause "le privilège" dont bénéficie Edouard Philippe, perçu comme le candidat le mieux placé à droite pour accéder au second tour, explique son entourage.

Le patron de LR entend aussi tirer profit du duel entre Edouard Philippe et Gabriel Attal qui a assuré mardi qu'il n'y avait "plus de favori" dans le bloc central. Un constat qui "nous va très bien", sourit l'un des proches du Vendéen.

"Le troisième homme"

Bruno Retailleau a aussi besoin de gagner des points pour faire taire les rumeurs d'un ralliement inéluctable à Edouard Philippe, une petite musique propagée par le RN et Eric Ciotti, mais aussi par les membres de son parti qui ne croient pas aux chances de leur propre candidat.

Bruno Retailleau prononce un discours dans le cadre de sa candidature à l'élection présidentielle, le 20 juin 2026 à Paris ( AFP / Guillaume BAPTISTE )

Bruno Retailleau prononce un discours dans le cadre de sa candidature à l'élection présidentielle, le 20 juin 2026 à Paris ( AFP / Guillaume BAPTISTE )

"Il est le troisième homme d'un match à trois et cette position n'est pas confortable", affirme une source parlementaire LR qui voit dans ses attaques contre LFI une volonté "d'exister en tentant de créer un ping-pong avec Jean-Luc Mélenchon" qui l'ignore pour l'instant.

Même ceux qui l'ont soutenu l'an dernier face à Laurent Wauquiez pour prendre la présidence du parti commencent à s'impatienter.

A l'image du président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand qui a confirmé jeudi son intention de se lancer dans la course à l'Elysée, même s'il a précisé que le "moment n'était pas venu" d'annoncer officiellement sa candidature.

Son homologue d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, a réitéré cette semaine son soutien à Bruno Retailleau, tout en ajoutant qu'elle voyait "des signaux de convergence politique très intéressants" avec... Edouard Philippe.

Si Bruno Retailleau avait semblé un temps en mesure de rassembler sa famille après avoir reçu l'appui de 75% des adhérents à sa candidature, son départ du gouvernement Lecornu en octobre 2025, et la suspension prononcée contre les membres de son parti ayant choisi d'y rester, a suscité de l'amertume.

"Il est dans un traquenard parce que je pense qu’il voit l’impérieuse nécessité de se retirer, mais il a autour de lui des mauvais génies qui l’incitent à se maintenir et qui lui mettent une pression de folie", affirme l'un de ces ministres ostracisés du parti.

Un autre se montre plus bienveillant et lance un appel au ralliement: "Je dis à Edouard Philippe et à Bruno Retailleau, démerdez-vous, mais entendez-vous !".

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