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Prairies "grillées" par la chaleur : de nombreux éleveurs ont déjà entamé leurs stocks d'hiver
information fournie par Boursorama avec Media Services 04/08/2026 à 17:47
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Faute d'herbe dans des paturages asséchés par la manque de précipitations et les canicules à répétition, les agriculteurs se tournent vers les stocks de fourrage consacrés à la saison hivernale, voire commandent du foin en urgence.

Avec un déficit de pluie de près de 70%, juillet 2026 a également été le 3e mois de juillet le moins arrosé en France, aggravant encore la sécheresse superficielles des sols que connaît le pays depuis deux mois. ( AFP / PASCAL LACHENAUD )

Avec un déficit de pluie de près de 70%, juillet 2026 a également été le 3e mois de juillet le moins arrosé en France, aggravant encore la sécheresse superficielles des sols que connaît le pays depuis deux mois. ( AFP / PASCAL LACHENAUD )

Les fédérations d'éleveurs de bovins viande et lait, d'ovins et de caprins ont appelé mardi 4 août le gouvernement à ordonner une expertise sur le terrain des pertes de prairies, "grillées" par la sécheresse et les canicules, afin d'être mieux indemnisés. La FNB, la FNPL, la FNO et la FNEC, les quatre associations spécialisées dans l'élevage de ruminants de la FNSEA, syndicat agricole dominant, s'indignent dans un communiqué d'être "laissées pour compte" face à un "phénomène historique".

Nombreux sont les éleveurs "qui ont attaqué les stocks d'hiver" pour nourrir les animaux qui ne peuvent pâturer dans des prairies "grillées", et cela s'ajoute aux difficultés économiques du secteur, affirment-elles. Le ministère de l'Agriculture a annoncé vendredi des mesures pour faciliter et augmenter le versement d'acomptes par les assureurs aux agriculteurs pour leurs récoltes perdues. Mais depuis le lancement de la nouvelle assurance récolte en 2023, les éleveurs contestent "les insuffisances et carences de la mesure par satellite" qui permet de calculer un indice de pousse des prairies sur lequel s'appuie l'assurance des parcelles fauchées pour le fourrage des bêtes.

Les autres productions, comme les grandes cultures, la vigne ou l'arboriculture, "bénéficient d'un dispositif d'expertise de terrain, et vont donc à juste titre pouvoir obtenir des versements de compensation", dénoncent les quatre organisations. Elles demandent ainsi le lancement en "urgence d'expertises de terrain par les préfets sur les pertes de pousse d'herbe des prairies".

"Une délégation de nos quatre fédérations avait été reçue au ministère le 22 juillet, depuis silence radio", ajoutent-elles. Sollicité deux jours après la réunion par l'AFP, le ministère n'a jamais donné suite. "Les effets cumulés de la sécheresse et des épisodes répétés de canicule ont littéralement grillé l'herbe", affirment les fédérations.

La sécheresse des sols à un niveau quasi-inédit

Depuis fin mai, la France en est déjà à son 4e épisode de fortes chaleurs. Les tendances climatiques pour les trois prochains mois (août, septembre, octobre) laissent attendre des conditions plus chaudes que la normale comme scenario "privilégié", a indiqué Météo-France mardi 4 août, qui note cependant que cela "n'implique pas nécessairement la survenue de vagues de chaleur".

Avec un déficit de pluie de près de 70%, juillet 2026 a également été le 3e mois de juillet le moins arrosé en France, aggravant encore la sécheresse superficielles des sols que connaît le pays depuis deux mois.

Fin juillet, "les sols sont encore plus secs qu'en 2022 et 2025 à la même période, et atteignent des niveaux équivalents aux plus bas jamais enregistrés" en août 2022.

Au 20 juillet, le ministère indiquait que la pousse cumulée des prairies permanentes en France métropolitaine en 2026 était "inférieure de 26% à la moyenne observée sur la période de référence 1989-2018". "Le manque d'eau persistant depuis plusieurs mois, et surtout les périodes successives de canicule, en particulier fin juin, ont ralenti la pousse voire détruit l'herbe dans les prairies", selon le service statistique du ministère.

Dans le cadre de l'assurance récolte, les pertes les plus élevées (quand au moins 30% d'une prairie fourragère est grillée) sont en partie couvertes, pour tous les agriculteurs, par une "indemnité de solidarité nationale" (ISN) apportée par l’État.

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