( AFP / VINCENZO PINTO )
Le groupe Prada a publié des marges en baisse au premier semestre, notamment à cause de l'intégration de Versace, mais ses résultats sont restés solides et meilleurs que prévus.
Le chiffre d'affaires du groupe italien a dépassé les trois milliards d'euros (+16% sur un an, +5% sans la marque à la Méduse).
Le résultat net a reculé de 15%, à 327 millions d'euros, pour une marge nette de 10,7%, contre 14,1% au premier semestre 2025.
Ces deux résultats sont supérieurs au consensus des analystes publié par FactSet, à l'image d'autres groupes de luxe qui ont enregistré de bons résultats au premier semestre malgré un contexte mondial encore perturbé.
"Nous clôturons le premier semestre avec des résultats solides, portés par un deuxième trimestre en accélération après un bon début d'année", a souligné le directeur général du groupe Prada, Andrea Guerra, dans un communiqué.
Les ventes au détail ont progressé tout comme les ventes en gros, tandis que les revenus de produits dérivés comme les parfums ont explosé (+73%), à 116 millions d'euros.
La marque phare du groupe milanais, Prada, a "enregistré une performance très positive au deuxième trimestre" (+6,6% de chiffre d'affaires au détail), notamment hors d'Europe, précise le groupe.
Concernant Prada, "nous avons fait croître toutes les catégories, en gardant toujours à l’esprit que le Moyen-Orient réduit notre croissance (...) au deuxième trimestre d’environ 100 points de base", a commenté M. Guerra lors de la présentation des résultats jeudi.
La ligne secondaire Miu Miu, très performante depuis 2024, a ralenti sa croissance (+2,6%), souffrant des conséquences du conflit au Moyen-Orient.
"Je dirais que l’effet Moyen-Orient sur Miu Miu a été assez important", a relevé Andrea Guerra, chiffrant cet impact au deuxième trimestre a "environ 300 points de base".
Versace a été "en ligne avec les attentes", indique Prada sans plus de précisions, soulignant que l'arrivée du nouveau directeur artistique Pieter Mulier précède un vrai redémarrage en 2027.
"Il n’y a aucune tendance de croissance évidente à travers le monde. Il y en a dans certains pays, mais pas partout dans le monde. Et je pense que même s’il n’y a pas de schémas de croissance évidents dans certaines régions du monde, il existe tout de même d’énormes opportunités pour nous", a ajouté Andrea Guerra.
En Asie-Pacifique, son premier marché, le groupe "a continué à faire preuve de solidité" (+15% sur un an), poussé par les changes, une amélioration continue de Prada au deuxième trimestre, et une croissance robuste pour Miu Miu sur l'ensemble de la période, selon le communiqué.
En Europe, son 2e marché, les ventes ont reculé de 4% hors change (+5% avec), mais le deuxième trimestre a été "poussé par une reprise de la dépense touristique et de la demande locale", note Prada.
Au Moyen-Orient, ses ventes ont baissé de 29%, passant sous la barre des 100 millions d'euros, malgré "une demande locale résiliente", indique le groupe.
Son directeur général a en outre ajouté que la prochaine étape majeure pour le groupe serait l'inauguration en septembre de la nouvelle "Prada Galleria" à Milan, qui réunira à l'emplacement de la boutique historique de la marque espaces de vente, de réception et bureaux.
"Je pense que cela va devenir l’épicentre des épicentres" pour le groupe Prada, a ajouté M. Guerra.
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