Le Premier ministre Sébastien Lecornu à Paris le 26 mai 2026. ( AFP / LUDOVIC MARIN )
Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu daté de mercredi 27 mai, les syndicats estiment, à l'intention notamment du patronat, que "celles et ceux qui appellent avec le plus de constance à la réduction des dépenses publiques sont aussi ceux qui défendent le plus farouchement les dispositifs dont ils bénéficient".
"Ce n'est pas le travail qui pèse trop : c'est sa rétribution qui pèse trop peu". Dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu et envoyée à la presse ce jeudi 28 mai, les syndicats alertent le gouvernement sur l'érosion du pouvoir d'achat. "La France est désormais un pays de bas salaires" où le travail n'est pas suffisamment rétribué mais où les entreprises bénéficient d'aides massives, dénoncent à l'unisson les huit centrales syndicales.
Les numéros un de la CFDT, de la CGT, de FO, de la CFE-CGC, de la CFTC, de l'Unsa, de Solidaires et de la FSU rappellent le choc pétrolier lié à la fermeture du détroit d'Ormuz, qui pèse sur l'activité et l'emploi de travailleurs "dont le pouvoir d'achat s'érode, des familles modestes dont le reste à vivre fond à chaque passage en caisse", selon leur courrier daté de mercredi. "Le déclassement est massif, les qualifications et l’expérience sont niées, la France est désormais un pays de bas salaires. Ce n'est pas le travail qui pèse trop : c'est sa rétribution qui pèse trop peu", affirment Marylise Léon, Sophie Binet, Frédéric Souillot ou encore François Hommeril.
"Une stagnation durable" du pouvoir d'achat des salariés
"En 2025, les entreprises du CAC 40 ont versé un record absolu de 107,5 milliards d'euros à leurs actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'actions, en hausse de 55% depuis 2021", alors que "dans le même temps, les salariés ont absorbé le choc inflationniste de 2022-2023 par une stagnation durable de leur pouvoir d'achat, dont la modeste reprise de 2024 ne suffit pas à compenser les années perdues". Dans la perspective des débats sur le budget de l'Etat pour 2027, les dirigeants syndicaux demandent que la réduction du déficit public ne repose pas "sur celles et ceux qui n'ont déjà plus de marge" et estiment, à l'intention notamment du patronat, que "celles et ceux qui appellent avec le plus de constance à la réduction des dépenses publiques sont aussi ceux qui défendent le plus farouchement les dispositifs dont ils bénéficient".
Ils saluent le gel des allègements généraux de cotisations sur les bas salaires annoncé par le gouvernement - et dénoncé par les organisations patronales -, qui évite que la hausse de 2,41% du Smic au 1er juin ne se traduise "par une hausse supplémentaire des exonérations accordées aux employeurs". Les syndicats rappellent que le coût des allègements de cotisations pour la Sécurité sociale a presque quadruplé en dix ans, pour atteindre 77,3 milliards d'euros en 2024, et que les aides publiques aux entreprises pèsent 211 milliards d'euros par an.
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