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Pour accélérer sa croissance, Mistral parie sur l'industrie et la défense
information fournie par Boursorama avec AFP 28/05/2026 à 12:17

( AFP / LIONEL BONAVENTURE )

( AFP / LIONEL BONAVENTURE )

La start-up française d'intelligence artificielle (IA) Mistral veut accélérer sur les secteurs de l'industrie et de la défense, tout en musclant ses infrastructures de calcul, avec l'objectif affiché de proposer une alternative européenne aux mastodontes américains et chinois.

Simulation de crash-test automobile et design d'avions: la jeune pousse a annoncé jeudi, lors de sa première conférence dédiée à l'IA à Paris, des partenariats avec le constructeur automobile allemand BMW et l'avionneur européen Airbus pour appliquer cette technologie aux processus industriels.

"Les plus importants cas d'usage de l'intelligence artificielle se situent dans l'activité de R&D (recherche et développement) et la création d'objets physiques", a expliqué Arthur Mensch, patron de Mistral, sur scène devant des centaines d'acteurs du secteur.

Pour développer ces applications, Mistral a acquis mi-mai la start-up autrichienne Emmi AI, spécialisée dans la simulation numérique pour l'industrie et la jeune pousse française Koyeb, fournisseur de cloud sans serveurs.

"C'est un marché où l'Europe est forte avec des entreprises industrielles à la pointe" comme Airbus et ASML, géant néerlandais qui est entré au capital de Mistral en 2025, avait précisé le dirigeant lors d'une conférence de presse.

- Défense et calcul -

Mistral pousse aussi les feux dans le secteur de la défense, au moment où l'Europe cherche à réduire ses dépendances numériques aux géants américains.

"Nous fournissons les modèles pour les systèmes de défense et nous travaillons directement avec les ministères de la Défense pour les aider sur l'architecture logicielle", a détaillé M. Mensch.

"C'est une activité en croissance pour nous", a-t-il ajouté, précisant que l'entreprise dispose d'une équipe dédiée à ce sujet.

Mistral travaille notamment avec le ministère français des Armées et l'armée singapourienne, selon le magazine Forbes.

Fondé il y a trois ans, Mistral, qui compte 1.000 employés désormais, développe aussi ses propres infrastructures de calcul pour se découpler des sociétés américaines qui dominent le marché européen du cloud et générer des revenus.

La start-up investit 4 milliards d'euros dans des centres de données en France et en Europe.

Elle dispose ainsi d'un centre de données à Bruyères-Le-Chatel (sud de Paris) d'une puissance de 44 MW et qui doit être opérationnel à la fin de l'été. Elle en fait aussi construire un en Suède et a annoncé jeudi un partenariat avec Digital Realty pour obtenir 10 MW de puissance de calcul.

A terme, Mistral veut opérer 200 MW de capacités de calcul d'ici 2027 et 1 GW d'ici 2030.

Cela reste toutefois modeste face aux projets colossaux à l'étranger, en témoigne le projet de centre de données baptisé Stargate à 500 milliards de dollars soutenu par l'administration Trump et mené par Softbank, Microsoft et Nvidia.

- Asymétrie de moyens-

"Nous n'avons pas le bilan financier de Microsoft", a reconnu Arthur Mensch. "On ne peut pas mettre 50 milliards sur la table pour construire 1 GW de capacité en anticipant la demande".

Le dirigeant plaide en outre pour l'instauration d'une "préférence européenne" dans les services numériques, autrement dit une obligation de recourir à des fournisseurs européens dans les marchés publics concernant l'IA ou le cloud. Un argumentaire que met aussi en avant le gouvernement français, grand soutien de Mistral, auprès de Bruxelles.

L'asymétrie de moyens avec les titans américains est manifeste.

Quand Mistral, qui a signé un accord avec l'Agence France-Presse (AFP) pour utiliser ses dépêches d'actualité afin de répondre aux requêtes de ses utilisateurs, vise 1 milliard de revenus pour fin 2026, Anthropic a généré près de 45 milliards de dollars de chiffre d'affaires annualisé, c'est-à-dire extrapolé à partir des revenus récents, selon le site spécialisé The Information.

Combinés, les géants de la tech américains prévoient une enveloppe de 750 milliards de dollars de dépenses d'investissements pour cette année, quand M. Mensch a évoqué 1 milliard d'euros en janvier.

Raison pour laquelle des rumeurs de rachat par un acteur étranger bruissent périodiquement.

Une telle opération n'arriverait que si le gouvernement français n'est pas aux côtés de Mistral "à chaque étape de son développement", a expliqué à l'AFP la ministre française du Numérique, Anne Le Hénanff.

Pour Arthur Mensch l'indépendance passera surtout par une introduction en Bourse à terme, "afin de fournir cette alternative" européenne, avait-il affirmé mi-mai devant des députés de l'Assemblée nationale.

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