Le centriste néerlandais Rob Jetten, à La Hague aux Pays-Bas le 20 février 2026 ( ANP / Jeroen Jumelet )
Le nouveau gouvernement néerlandais va prêter serment lundi, avec à sa tête le centriste Rob Jetten, 38 ans, en passe de devenir le plus jeune Premier ministre du pays et le premier ouvertement homosexuel.
M. Jetten a remporté en octobre une victoire surprise aux élections législatives, remontant avec son parti D66 un retard considérable durant la campagne pour détrôner d'une courte tête le Parti de la liberté (PVV) d'extrême droite de Geert Wilders.
Des élections anticipées avaient été déclenchées après la chute du gouvernement le plus à droite de l'histoire récente des Pays-Bas, causée par le retrait du PVV de la coalition.
A l'issue de 117 jours de négociations, le D66 de M. Jetten a formé une coalition avec le CDA (centre droit) et le VVD (droite).
Avec seulement 66 sièges, il leur manquera toutefois neuf sièges pour obtenir une majorité au Parlement (qui compte 150 sièges), ce qui signifie que le gouvernement aura besoin du soutien d'autres partis pour faire passer des lois.
Après sa victoire électorale, M. Jetten avait affirmé à l'AFP qu'il était possible de vaincre les mouvements populistes "si vous faites campagne avec un message positif pour votre pays".
Pendant sa campagne, il a également déclaré vouloir ramener la cinquième économie de l'Union Européenne au cœur du continent, car "sans coopération européenne, nous ne sommes nulle part".
- Une "empreinte de droite" -
Le roi des Pays-Bas Willem-Alexander, à droite, reçoit Rob Jetten, à gauhe, au palais à La Haye, aux Pays-Bas, le 21 février 2026 ( ANP / patrick van katwijk )
Le programme de la nouvelle coalition, publié en janvier, promet notamment un soutien total à l'Ukraine et réaffirme les engagements envers l'OTAN concernant les dépenses militaires.
Si ce gouvernement n'est pas aussi à droite que le précédent, il conserve néanmoins une "empreinte de droite", a déclaré à l'AFP Sarah de Lange, professeure de sciences politiques à l'université de Leyde.
"La coalition a opté pour des coupes budgétaires plutôt que pour un déficit afin de financer les investissements qu'elle souhaite réaliser", a-t-elle souligné.
Le gouvernement souhaite notamment réduire les prestations sociales, y compris les allocations de chômage, afin de financer les investissements proposés dans l'armée et la défense.
Concernant le sujet de la migration, qui avait déchaîné les passions chez le dernier gouvernement, le nouveau gouvernement prévoit de durcir certaines restrictions en matière d'asile, "une continuité substantielle", selon Mme de Lange.
La coalition devant s'appuyer sur le soutien des partis d'opposition pour faire adopter ses lois, "l'adoption de réformes importantes par le Parlement pourrait prendre plus de temps que d'habitude", a-t-elle ajouté.
- Wilders hors-jeu -
M. Jetten et ses ministres prêteront serment face au roi Willem-Alexander dans la résidence royale de Huis ten Bosch à La Haye.
Le centriste était au départ plus favorable à une large coalition incluant le parti de gauche Verts/Travailliste, mais cette idée a été fermement rejetée par la leader du VVD, Dilan Yesilgoz.
M. Wilders, qui avait bouleversé la scène politique européenne en remportant les élections législatives en novembre 2023, a vu sa popularité chuter lors des élections de 2025.
Son parti est passé de 37 sièges en 2023 à 26 après une campagne jugée peu convaincante.
D'autres partis d'extrême droite ont néanmoins le vent en poupe aux Pays-Bas.
Le Forum pour la démocratie, mené par Lidewij de Vos, 28 ans, est passé de 3 à 7 sièges aux dernières élections législatives, avec un programme anti-immigration et eurosceptique.
Le parti JA21 a également fait une percée significative, passant de un à neuf sièges et manquant de peu d'intégrer le gouvernement, bloqué par M. Jetten.

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