L'inflation est restée stable à 2,6% sur un an en juillet aux Etats-Unis, selon l'indice officiel PCE publié vendredi, dans un contexte où la hausse des prix est un sujet hautement sensible depuis que le gouvernement Trump impose de nouvelles taxes sur les importations.

( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / SPENCER PLATT )
L'inflation sous-jacente (hors prix volatils de l'énergie et de l'alimentation) se présente en revanche en légère accélération, à 2,9% en glissement annuel contre 2,8% le mois précédent, rapporte le ministère américain du Commerce. Il s'agit de son rythme le plus élevé depuis février.
Ces évolutions étaient attendues par les investisseurs, selon le consensus publié par MarketWatch.
"Il est clair que les entreprises n'ont pas répercuté l'essentiel des hausses découlant des nouveaux droits de douane pendant l'été", estime Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union.
Pour elle, les marques savent que "la classe moyenne n'a pas beaucoup de marge dans ses finances pour absorber des prix plus élevés" et évitent de fortement les relever.
Pour l'heure, la consommation se maintient, avec des dépenses en hausse de 0,5% par rapport au mois précédent.
Cela reste toutefois "nettement plus faible que l'année dernière", observe Samuel Tombs, de Pantheon Macroeconomics.
La confiance des consommateurs américains s'est enfoncée en août, selon l'estimation définitive du baromètre de l'Université du Michigan, publiée vendredi. Le moral est meilleur qu'au printemps, quand le président Trump a annoncé un mur de nouveaux droits de douane avant de faire en partie marche arrière, mais il reste nettement plus bas qu'il y a un an.
- "Boucs émissaires" -
La banque centrale des Etats-Unis (Fed) vise une inflation à 2% sur un an. Cette cible semblait près d'être atteinte en début d'année, mais elle s'est ensuite éloignée à nouveau.
La plupart des experts et banquiers centraux s'attendent à voir les prix augmenter au fur et à mesure de l'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane mis en place par le président Donald Trump depuis son retour au pouvoir en janvier.
Alors que cette situation a jusqu'ici incité la Fed à laisser ses taux inchangés depuis décembre, s'attirant des récriminations permanentes de Donald Trump, son président Jerome Powell a récemment fait comprendre que son regard était en train de changer, ouvrant la porte à une baisse de taux d'intérêt en septembre.
Non pas qu'il pense que l'inflation est en passe d'être maîtrisée, mais parce qu'il redoute que le marché du travail se dégrade rapidement.
Les banques centrales abaissent leurs taux d'intérêt - qui guident les coûts d'emprunt - pour donner un coup de fouet à l'économie. Et les relèvent à l'inverse pour freiner un emballement inflationniste.
La politique monétaire est pensée pour être fixée indépendamment des velléités partisanes, pour s'assurer que des considérations de court terme ne pénalisent pas l'économie à long terme.
Mais Donald Trump estime qu'il a son mot à dire et assume de vouloir placer au sommet de l'institution des personnes partageant ses vues sur l'économie.
Il s'est lancé dans une bataille juridique pour révoquer l'une des gouverneures, Lisa Cook. Les avocats de Mme Cook demandent aux juges de la protéger contre cette manoeuvre. Une audience a lieu vendredi à 10H00 à Washington (14H00 GMT).
"Trump cherche des boucs émissaires", dénonce vendredi la sénatrice Elizabeth Warren. Selon elle, "sa tentative illégale de prendre le contrôle de la Réserve fédérale risque de faire encore grimper le coût des prêts pour le logement, les voitures, les échéances de carte de crédit, et d'augmenter le coût de la vie pour les Américains".
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