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Nucléaire-Une nouvelle ère s'annonce avec la fin du traité russo-américain "New Start"
information fournie par Reuters 04/02/2026 à 13:29

par Guy Faulconbridge et Mark Trevelyan

L'expiration dans quelques heures du traité "New Start" limitant l'arsenal nucléaire que les États-Unis et la Russie peuvent détenir augmente le risque d'une nouvelle course aux armements dans laquelle la Chine jouerait également un rôle clé.

Les divers accords de contrôle des armements négociés au cours des décennies qui ont suivi la crise des missiles de Cuba en 1962, considérée comme le moment où le monde a été le plus proche d'une guerre nucléaire, visait à réduire le risque d'un affrontement aux conséquences catastrophiques.

Mais à moins que Washington et Moscou ne s'entendent à la dernière minute, les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales ne seront plus limitées, pour la première fois en plus d'un demi-siècle, lorsque le traité "New Start" arrivera à son terme.

Celui-ci, successeur du traité "Star I" de 1991, avait été négocié et signé en 2010 par le président américain Barack Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev, avant d'entrer en vigueur en février 2011. "New Start" plafonnait le nombre d'ogives nucléaires stratégiques (1.550) et celui des vecteurs - missiles, bombardiers, sous-marins (700) - que les États-Unis et la Russie pouvaient déployer.

Une certaine confusion règne quant à l'heure exacte de son expiration, mais des experts en contrôle des armements ont déclaré à Reuters que celle-ci interviendrait à 23h00 GMT mercredi, soit minuit à Prague, où le traité a été signé en 2010.

Selon Matt Korda, directeur adjoint du Projet d'information sur le nucléaire au sein de la Fédération des scientifiques américains, en l'absence d'accord pour prolonger ses dispositions clés, ni la Russie ni les États-Unis ne seront empêchés de détenir davantage d'ogives s'ils le souhaitent.

"Sans le traité, chaque partie sera libre d'ajouter des centaines d'ogives supplémentaires à ses missiles et à ses bombardiers lourds, doublant à peu près la taille de leurs arsenaux actuellement déployés dans le scénario le plus maximaliste", a-t-il déclaré.

TRUMP A PROMIS "UN MEILLEUR ACCORD"

Il faut cependant reconnaître, a ajouté Matt Korda, que l'expiration de "New Start" ne signifie pas nécessairement une course aux armements, compte tenu du coût des équipements nucléaires.

Le président américain Donald Trump a envoyé des signaux contradictoires au sujet du contrôle des armements. Le mois dernier, il a déclaré qu'il conclurait "un meilleur accord" à la fin du traité actuel.

Jusqu'à présent, selon des responsables russes, Washington n'a pas répondu à la proposition du président Vladimir Poutine de prolonger les limites prévues par "New Start" au-delà de son expiration.

Mercredi, le Kremlin a assuré que la Russie ferait preuve de prudence et de responsabilité après la fin de l'accord.

Le nombre total d'ogives nucléaires dans le monde est passé d'un pic de plus de 70.000 en 1986 à environ 12.000 en 2025, mais les États-Unis et la Russie modernisent leurs armes et la Chine a plus que doublé son arsenal au cours de la dernière décennie.

Les partisans du contrôle des armements à Moscou et à Washington affirment que l'expiration du traité non seulement supprimerait les limites imposées aux ogives, mais serait également nuisible en matière de confiance, de transparence et de capacité à vérifier les intentions des deux pays.

Les opposants au contrôle affirment dans le même temps que ces avantages sont pour le moins flous et que de tels traités freinent l'innovation nucléaire des grandes puissances, leur permettent de tricher et réduisent leur marge de manœuvre.

Donald Trump a exprimé l'an dernier son souhait que la Chine participe au contrôle des armements et s'est interrogé sur la raison pour laquelle les États-Unis et la Russie devraient enrichir leurs arsenaux nucléaires alors qu'ils possèdent déjà de quoi détruire plusieurs fois la planète.

"Si jamais nous avons besoin d'armes nucléaires comme celles que nous construisons et que la Russie possède, et que la Chine possède dans une moindre mesure mais possédera bientôt, ce sera un jour très triste", a-t-il déclaré en février 2025.

"Ce sera probablement la fin."

(Reportage de Guy Faulconbridge ; version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)

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