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Nouveau départ pour le procès de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bygmalion
information fournie par Reuters 20/05/2021 à 07:46

NOUVEAU DÉPART POUR LE PROCÈS DE NICOLAS SARKOZY DANS L'AFFAIRE BYGMALION

NOUVEAU DÉPART POUR LE PROCÈS DE NICOLAS SARKOZY DANS L'AFFAIRE BYGMALION

par Tangi Salaün

PARIS (Reuters) - Renvoyé il y a deux mois parce que l'avocat d'un des principaux prévenus avait contracté le coronavirus, le procès de Nicolas Sarkozy dans l'affaire "Bygmalion" devrait démarrer pour de bon ce jeudi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le procès, qui porte sur les soupçons de financement illégal de la campagne électorale de l'ancien président de la République en 2012, est prévu pour durer jusqu'au 22 juin.

Le 17 mars, deux semaines après la condamnation de Nicolas Sarkozy à un an de prison ferme pour corruption active et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes de Paul Bismuth", jugement dont il a fait appel, la présidente de la 11e chambre du tribunal correctionnel avait prononcé le renvoi du procès Bygmalion.

Elle avait accédé à la demande d'un des principaux accusés, Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de 2012, dont l'avocat était hospitalisé en raison du COVID-19.

Nicolas Sarkozy, qui ne s'était pas présenté ce jour-là devant la justice, devrait cette fois assister à l'audience, même s'il ne sera appelé à répondre aux questions des juges que la semaine du 14 juin.

A un an de l'élection présidentielle de 2022, l'ancien chef de l'Etat, âgé de 66 ans, verrait son horizon politique s'obscurcir davantage s'il était à nouveau reconnu coupable.

Selon le parquet de Paris, le parti dont il était candidat, l'UMP, aurait dépensé 42,8 millions d'euros, près de deux fois plus que le plafond de dépenses légal (22,5 millions), pour sa campagne infructueuse de 2012, par le biais de fausses facturations de la société Bygmalion.

COPÉ ATTENDU À LA BARRE

L'enquête visait initialement Jean-François Copé, à l'époque patron de l'UMP (devenu Les Républicains en 2015), soupçonné d'avoir détourné les fonds à son profit avant de bénéficier d'un non-lieu dans cette affaire.

Jean-François Copé est attendu ce jeudi devant le tribunal en tant que simple témoin, même si les "sarkozystes" restent convaincus qu'il était au courant des malversations financières.

Le parquet va de son côté s'efforcer de démontrer que Nicolas Sarkozy, qui nie avoir été au courant des fausses facturations, ne pouvait pas ignorer le maquillage de ses comptes de campagne.

Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction Serge Tournaire estime que Nicolas Sarkozy a "incontestablement bénéficié des fraudes révélées par l'enquête qui lui ont permis de disposer, lors de la campagne de 2012, de moyens bien supérieurs à ce que la loi autorisait".

"C'est bien le candidat et son équipe restreinte qui ont fait le choix d'axer la campagne sur des meetings spectaculaires et dispendieux et d'en confier l'organisation à des agences spécialisées", comme Event & Cie, filiale de Bygmalion, ajoute le magistrat.

Mais il reconnaît aussi que "l'enquête n'a pas établi que Nicolas Sarkozy avait ordonné (les malversations), ni qu'il y avait participé, ni même qu'il en avait été informé".

Pour la défense de l'ancien président de la République, tout l'enjeu sera donc de semer le doute dans l'esprit des juges pour obtenir la relaxe.

"GAGNER QUOI QU'IL EN COÛTE"

L'autre juge d'instruction en charge du dossier, Renaud Van Ruymbeke, avait d'ailleurs estimé que les charges n'étaient pas suffisantes pour traduire Nicolas Sarkozy en justice dans cette affaire.

L'ex-chef de l'Etat est poursuivi pour "financement illégal de campagne électorale", un délit passible selon le code électoral d'un an de prison et 3.750 euros d'amende. Et non, comme les 13 autres prévenus, pour usage de faux, escroquerie et abus de confiance, délits relevant du code pénal et donnant lieu à des peines bien plus lourdes.

Parmi ces prévenus figurent les co-fondateurs de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alves, ainsi que l'ancien patron d'Event & Cie, Franck Attal, qui ont reconnu les faits et dit avoir agi à la demande de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs membres de sa garde rapprochée seront aussi sur le banc des accusés: son directeur de campagne, Guillaume Lambert, qui avait transmis dès mars 2012 au chef de l'Etat une note l'alertant sur la nécessité de respecter la "stricte limitation des dépenses", son trésorier Philippe Briand, ou encore Jérôme Lavrilleux.

Personnage clé de cette affaire, l'ancien directeur adjoint de la campagne a reconnu publiquement pendant l'enquête avoir mis en place avec Bygmalion un système de fausses factures pour camoufler le coût des meetings, assurant l'avoir fait de sa propre initiative et sans en avoir informé Nicolas Sarkozy ni Jean-François Copé, dont il était très proche.

Largement distancé dans les sondages, Nicolas Sarkozy devait "gagner quoi qu'il en coûte", a expliqué Jérôme Lavrilleux dans une interview accordée en mars au quotidien Libération. Il s'était finalement incliné de peu face à François Hollande.

6 commentaires

  • 20 mai 08:41

    Et chose savoureuse ils continueront à pouvoir bénéficier de la subvention publique.


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