VIDEO- Cet été encore, les épisodes de fortes chaleurs et la canicule historique rappellent que nos logements sont en première ligne face au changement climatique. Entre confort d’été, économies d'énergie et évolution des aides publiques, Martin Lagane (ANAH) et Antoine Desbarrières (Qualitel), livrent une série de conseils pratiques dans l'émission Figaro Immo.
Le programme Figaro Immo est diffusé sur la chaîne Figaro TV (canal 34 de la TNT et toutes les box des opérateurs), lefigaro.fr , Figaro immobilier et la plateforme de TF1
Longtemps, la rénovation énergétique a surtout été pensée pour passer l’hiver au chaud et réduire les factures. Les canicules changent la donne : le logement doit désormais protéger l’été. Invités de Figaro Immo, Martin Lagane, porte-parole de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), et Antoine Desbarrières, directeur de l’association Qualitel, dressent le même constat : le parc de logements n’est pas suffisamment préparé à des épisodes de chaleur plus fréquents, plus longs et plus intenses.
« Il y a un véritable défi : adapter toute la société, nos logements, nos villes, mais aussi nos usages. C’est probablement le chantier du siècle », prévient Martin Lagane. Antoine Desbarrières nuance selon les territoires, l’âge et la configuration des bâtiments, mais tranche : « Aujourd’hui, le parc n’est pas adapté aux situations auxquelles nous sommes confrontés. »
Un logement confortable toute l’année
Pour le directeur de l’association Qualitel, un logement de qualité doit être "confortable, sain, respectueux de l’environnement et économiquement supportable". En été, cela suppose de maintenir une température acceptable, notamment la nuit, autour de 26 °C au maximum. Or les inégalités sont fortes : les habitants des villes, des petites surfaces, des derniers étages ou des logements mal orientés souffrent davantage. Même un bien classé A ou B au DPE peut devenir une "bouilloire thermique", car l’étiquette reste principalement fondée sur les consommations et le confort d’hiver. L’indicateur estival existe, mais il tient insuffisamment compte de la localisation.
Les solutions commencent par la protection contre le soleil : volets et occultations extérieures, ventilation, logement traversant lorsque sa conception le permet, végétalisation et ombre. Les brasseurs d’air au plafond peuvent améliorer le ressenti de plusieurs degrés. Mais l’isolation reste la clé, idéalement par l’extérieur afin de préserver l’inertie du bâti et de retarder la montée en température.
"Il y a encore des rénovations pensées uniquement pour adapter le logement l’hiver, qui n’embarquent pas les volets, les brasseurs d’air et tout ce qui permet de conserver la fraîcheur", regrette Martin Lagane. Pour Antoine Desbarrières, l’erreur historique a été de traiter séparément l’énergie, l’acoustique, la santé ou le confort d’été. Il défend une rénovation « globale et multicritères », d’autant plus nécessaire que "80 % des logements de 2050 existent déjà" : le défi principal concerne le parc existant.
Des aides recentrées, un accompagnement sur mesure
"Face à la complexité des travaux et à l’évolution des aides, l’un des premiers réflexes pour s’informer doit être France Rénov’. Le service public propose des conseils neutres et gratuits, oriente vers des professionnels et aide à bâtir un projet adapté au logement, aux besoins et aux moyens du ménage. Il ne faut pas se précipiter : il faut passer par France Rénov’", insiste le porte-parole de l’Anah qui entame une tournée avec les Maisons de la Rénovation France Rénov’
À compter du 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ continuera de soutenir la rénovation d’ampleur et la rénovation par geste. Mais, dans ce second parcours, les aides seront recentrées sur les pompes à chaleur. L’objectif : accélérer l’électrification et réduire les consommations. L’aide MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur ne pourra plus être attribuée si un chauffage au gaz est conservé après les travaux.
La climatisation n’est pas exclue, mais elle doit venir après les solutions passives, estiment les deux experts. Une pompe à chaleur réversible peut chauffer l’hiver et rafraîchir l’été, à condition d’évaluer les contraintes locales : en copropriété dense, l’unité extérieure peut créer bruit et îlot de chaleur. "On ne peut pas plaquer des solutions toutes faites partout uniformément. Il va falloir faire du sur-mesure, au cas par cas", résume Martin Lagane.
Les bons gestes dès aujourd’hui
En période de canicule, les deux invités recommandent de fermer les volets le jour, limiter les sources de chaleur (four, appareils électroniques) puis aérer largement la nuit. Se rafraîchir régulièrement ou rejoindre un lieu public climatisé peut protéger les plus fragiles. Ces gestes ne remplaceront pas une rénovation ambitieuse, mais ils améliorent immédiatement le quotidien. À plus long terme, mieux isoler, protéger les ouvertures, ventiler et choisir des équipements adaptés, permettront de conjuguer confort, sobriété, valeur patrimoniale et résistance au changement climatique.

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