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Nombreux désistements pour faire barrage au Rassemblement National
information fournie par Reuters 02/07/2024 à 19:50

L'Assemblée nationale à Paris

L'Assemblée nationale à Paris

PARIS (Reuters) -Le désistement de plus de 200 candidats de la coalition de gauche du Nouveau Front populaire (NFP) et du camp présidentiel arrivés en troisième position a réduit à 91 le nombre de "triangulaires" au second tour des élections législatives dimanche prochain, selon un décompte effectué par le journal Le Monde, une manoeuvre visant à barrer la route du pouvoir au Rassemblement national (RN).

Le parti d'extrême droite, arrivé nettement en tête du premier tour du scrutin au niveau national et en première position dans près de 300 circonscriptions, espère néanmoins convaincre les Français de lui accorder au moins 289 sièges sur les 577 que compte l'Assemblée, le seuil nécessaire pour détenir la majorité absolue.

Selon les calculs du Monde après la clôture des dépôts de candidature pour le second tour, mardi à 18h00 (16h00 GMT), les Français devront arbitrer 91 "triangulaires" dimanche, au lieu des 306 possibles à l'issue du premier tour.

Au total, 218 candidats se sont désistés, dont 130 de l'alliance de gauche et 82 du camp présidentiel, rapporte le journal.

Contacté par Reuters, le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'il ne communiquerait les chiffres définitifs que mercredi.

Dans de nombreuses circonscriptions, les électeurs devraient donc avoir à choisir entre un candidat RN et un représentant soit du NFP, soit de la majorité sortante, soit encore un candidat Les Républicains (LR, droite) qui a refusé l'alliance constituée avec le RN par le président du parti, Eric Ciotti.

"Aujourd’hui, le vrai front républicain, c’est nous !", a réagi le président du RN, Jordan Bardella, dans un entretien au Figaro publié mardi soir, assurant être en mesure d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale.

"Nous aurons une majorité absolue. La politique est une affaire de vagues, et celle qui nous porte est puissante", dit-il. "S’il faut élargir ma majorité, je le ferai".

Au sein du camp présidentiel, la stratégie de désistements au profit de candidats de gauche mieux placés a été brouillée par les appels de plusieurs personnalités à faire barrage également à La France insoumise (LFI), principale composante du NFP.

En déplacement mardi, le Premier ministre Gabriel Attal a reconnu qu'il existait au sein de la coalition présidentielle "des prises de parole ou des positions qui sont différentes" en matière de désistements.

"Mais l'important c'est ma parole, c'est moi qui mène cette campagne", a-t-il affirmé, répétant "une consigne très claire". "Dans quelques circonscriptions où le maintien de notre candidat en troisième position aurait fait gagner l'extrême droite, les candidats se désistent".

"EMPÊCHER LES EXTRÊMES"

Les Républicains (LR), quant à eux, ont refusé de livrer une consigne nationale dans les circonscriptions où le parti n'est pas présent au second tour, laissant les électeurs "s'exprimer en conscience".

Le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a toutefois défendu mardi une position "ni LFI-ni Rassemblement national".

"Dans les circonscriptions où il y a des républicains ou des indépendants, on vote pour eux. Pour le reste, je ne veux ni de LFI ni de Rassemblement national", a-t-il dit sur RTL. "Dans ces cas-là, je ne vais pas donner de consignes de vote. Mais je soutiens au second tour tous les candidats qui ne sont pas les extrêmes et qui peuvent empêcher les extrêmes, LFI comme Rassemblement national".

L'ancien ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy a également appelé à la mise en place d'un "gouvernement provisoire jusqu'à la prochaine élection présidentielle" pour "sortir de l'impasse".

"Le Rassemblement national, il n'est pas écrit qu'il dirigera le gouvernement de la France dimanche prochain et il y a une autre possibilité, ce gouvernement provisoire", a-t-il dit.

Face à l'hypothèse d'une majorité et d'un gouvernement RN, le Premier ministre, Gabriel Attal, s'est quant à lui prononcé lundi soir pour une "Assemblée nationale plurielle avec plusieurs groupes politiques de droite, de gauche, du centre qui, projet par projet, travaillent ensemble au service de l'intérêt des Français".

"Les insoumis ne gouverneront que pour appliquer leur programme, rien que le programme mais tout le programme", a répondu mardi le coordinateur de LFI Manuel Bompard sur BFMTV.

VOIR AUSSI:

LE POINT sur les élections législatives anticipées en France

(Rédigé par Kate Entringer et Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)

17 commentaires

  • 03 juillet 09:36

    Si le RN n'a pas la majorité absolue il a tout intérêt à ne pas prendre le pouvoir et attendre la prochaine échéance pour le faire car la dégradation de l'état du pays va se poursuivre car ils n'auront pas les coudées franches pour réformer. Visiblement trop de monde a encore peur de perdre même partiellement des avantages indus, le problème c'est le risque de les perdre totalement à terme.


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