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Népal-Les recherches se poursuivent, des milliers d'habitations à reconstruire
information fournie par Reuters 03/09/2026 à 12:07
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par Gopal Sharma

KATMANDOU, 3 septembre (Reuters - Le Népal va devoir reconstruire au moins 20.000 habitations dans les zones sinistrées, une semaine après l'effondrement d'un glacier dans l'Himalaya qui a déclenché des crues dévastatrices, ont annoncé les autorités jeudi, alors que les opérations de recherches se poursuivent pour retrouver des survivants.

"Selon nos premières estimations, 7.500 habitations ont été complètement détruites, soit balayées ou ensevelies sous les débris et la boue", a déclaré à Reuters Dharma Raj Upreti, chef de l'Autorité nationale de la réduction et de la gestion des risques de catastrophe.

Les habitations encore debout ne sont plus habitables, selon Dharma Raj Upreti, les autorités estimant à 20.000 le nombre de maisons à rebâtir.

Au moins 1.252 personnes sont décédées et près de 4.200 autres restent introuvables, les autorités craignant qu'un grand nombre de victimes ne soient ensevelies sous les débris laissés par les inondations qui ont ravagé des villes et des vallées proches de la frontière chinoise.

La Chine a recensé 21 morts et au moins 541 personnes portées disparues.

"Il n'y a aucun intérêt à reconstruire ces maisons dans les mêmes endroits, cela exposerait les populations aux mêmes risques", a expliqué Dharma Raj Upreti.

Les autorités cherchent à identifier de nouveaux emplacements sécurisés pour la reconstruction de nouvelles habitations, permettant aux populations de ne plus s'exposer à des catastrophes similaires dans le futur, a-t-il ajouté.

LES RECHERCHES SE POURSUIVENT

Plus de 9.300 soldats népalais étaient déployés dans les zones sinistrées de Timure, dans le district de Rasuwa, ainsi que dans ceux de Nuwakot, Dhading, Chitwan et Nawalparasi-Est, à la recherche de survivants, aidant à débloquer les axes routiers et administrant des traitements médicaux, selon un communiqué de l'armée.

Au moins 583 ressortissants étrangers restent introuvables, selon Katmandou.

Quatre Français sont portés disparus, selon un bilan du Quai d'Orsay.

Le Premier ministre népalais Balendra Shah a déclaré mercredi que le gouvernement se concentrait sur la réhabilitation et les efforts de reconstruction tout en continuant les recherches.

Les autorités népalaises ont toutefois annoncé mercredi que les espoirs de retrouver des survivants s'amenuisaient.

Un membre de l'armée impliqué dans les opérations de secours a rapporté, sous le sceau de l'anonymat, que les recherches continuaient pour retrouver des personnes qui seraient piégées dans les tunnels de centrales hydroélectriques.

"Tous les tunnels font l'objet de recherches avec l'assistance d'experts venus d'Inde, de Corée du Sud et de Chine", a-t-il détaillé.

"Les opérations de recherche et de secours continueront tant qu'il y aura de l'espoir de retrouver des survivants. Même s'il n'y a pas de survivants, nous retrouverons les corps."

Deux corps ont été récupérés dans le tunnel de la centrale hydroélectrique de Langtang Khola, a rapporté le porte-parole de l'armée népalaise, Raja Ram Basnet.

Une équipe sud-coréenne de secours, équipée de drones, de chiens, d'équipements acoustiques, de caméras vidéo et d'appareils d'imagerie thermique s'est installée à Batar, près du tunnel de la centrale hydroélectrique Upper Trishuli-1 où neuf employés sud-coréens ont disparu, a rapporté l'agence nationale Yonhap.

La Chine a envoyé un troisième lot d'aide incluant des tentes, des couvertures, des combinaisons de protection médicale et des équipements de communication par satellite, a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères, ajoutant que les services météorologiques des deux pays étaient en contact pour mener des consultations météorologiques par visioconférence et partager des informations en temps réel.

"La Chine continuera de fournir une assistance d'urgence sur la base des besoins du Népal et à mener des opérations de coopération internationale en matière de secours", a annoncé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

RAMENER LES ENFANTS À L'ÉCOLE

"Les gens ont tout perdu. Ils n'ont pas de carte d'identité ou de passeport", selon Phanindra Paudel du Centre national des opérations d'urgence du Népal.

Les autorités locales s'efforçaient de remettre en état les axes routiers et tentaient de ramener les élèves dans des écoles de fortune.

Plus d'une semaine après la catastrophe, au moins 22.000 enfants ont un besoin urgent d'eau potable, d'installations sanitaires et d'aide en matière d'hygiène, a indiqué l'Unicef dans un communiqué.

"Notre priorité est de revenir à la vie normale. Nous considérons que nous pouvons assurer l'enseignement des enfants dans des centres d'accueil jusqu'à la reprise normale des cours", a estimé Phanindra Paudel.

La recherche d'immeubles sécurisés pour la tenue des cours était un défi, selon les professeurs.

"Nous cherchons des immeubles sûrs, vides ou d'autres écoles où nous pouvons reprendre les cours. Le bâtiment de l'école a été totalement détruit, donc nous devons en construire un nouveau dans une zone sécurisée", explique Rajendra Dawadi, directeur d'école qui a aidé à sauver près de 900 écoliers pendant les évacuations.

Shanti Sunar, 45 ans, a échappé à la catastrophe avec son mari mais le couple a perdu sa maison ainsi que le commerce qu'il gérait.

"Je me suis rendu sur le site presque quotidiennement. Je peux reconnaître le lieu où se trouvait notre maison, mais il n'y a plus aucune trace d'elle désormais. J'y vais dans l'espoir de retrouver de l'or ou des bijoux que l'on n'a pas pu emporter avec nous lors de notre fuite", explique-t-elle.

"On ne peut pas reconstruire sur le même emplacement parce que ce n'est pas sécurisé. J'attends du gouvernement qu'il nous reloge dans un endroit plus sûr."

Le Népal prévoit de reconstruire un système d'alerte précoce contre les glissements de terrain de son côté de la frontière avec la Chine, en installant des capteurs sismiques, des caméras et une liaison par satellite, ont déclaré mercredi à Reuters deux sources gouvernementales népalaises.

(Zhifan Liu pour la version française)

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