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Négociations commerciales : réunion préparatoire lundi à Bercy dans un climat houleux
information fournie par AFP 02/11/2026 à 10:59

Le bâtiment du ministère français de l'Economie et des Finances, fréquemment surnommé "Bercy", à Paris, le 17 août 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Le bâtiment du ministère français de l'Economie et des Finances, fréquemment surnommé "Bercy", à Paris, le 17 août 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Industriels de l'agroalimentaire et distributeurs doivent se retrouver lundi après-midi à Bercy, pour préparer les négociations commerciales annuelles qui débutent le mois prochain dans un contexte particulièrement tendu, cette réunion s'annonçant elle-même houleuse.

Ce comité de préparation pourrait en effet être boycotté par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les principales enseignes comme E. Leclerc, Carrefour et Intermarché.

Elle avait annoncé qu'elle n'y participerait pas "tant que deux exigences fondamentales n'auront pas été reconnues et partagées par tous" : "la transparence" sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME.

Cette réunion organisée au ministère de l'Economie, initialement prévue le 28 octobre, doit poser les bases des négociations commerciales qui débutent dans un mois.

"On aimerait y participer. C'est juste qu'on veut sortir de ces réunions qui sont un théâtre et des postures où on ne prend aucune décision", a déclaré lundi matin Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD, sur Radio Classique.

Leur absence n'est pas encore actée, a-t-elle toutefois souligné: "on a encore toute cette matinée (pour se décider, NDLR). On va voir".

Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs alimentaires mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon (hors marques propres des distributeurs) et sont régulièrement accusées de mettre sous pression la rétribution des agriculteurs.

Les industriels de l'agroalimentaire (Ania, Ilec, Culture Viande, La Coopération agricole et les industries avicoles) ont eux fustigé dans un communiqué commun l'absence de la FCD, estimant qu'elle leur "évite surtout d'avoir à rendre compte de leurs propres pratiques".

Dans un communiqué distinct, Pact'Alim, qui représente les PME et ETI de l'agro-industrie, estime que "les prochaines négociations ne doivent pas reproduire les déséquilibres constatés ces dernières années".

"Recherche d'un équilibre"

Alors que le cru 2026-2027 des négociations commerciales s'annonce particulièrement tendu, et l'inflation inéluctable, le gouvernement avait annoncé il y a deux semaines vouloir réunir les parties prenantes en amont, en vue d'un "pacte de responsabilité".

Les "directives" concerneront "l'ensemble des acteurs de ces négociations", a expliqué dimanche le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin, "ça sera la recherche d'un équilibre entre le pouvoir d'achat des Français et une inflation importée qui pénalise nos agriculteurs et nos PME".

Le cabinet estime par ailleurs que les revendications de la FCD sont déjà prises en compte dans les nouvelles dispositions de la loi d'urgence agricole qui prévoit notamment que la date butoir pour la fin des négociations avec les PME est plus courte qu'avec le reste des industriels, notamment pour éviter qu'elles soient "la variable d'ajustement" en fin de période de négociations.

Les multinationales qui fournissent la grande distribution - Coca-Cola, Danone, L'Oréal... - dégagent des marges nettes "près de quatre fois plus élevées" que la moyenne de l'industrie agroalimentaire française, selon une étude réalisée par le cabinet français Asterès pour la FCD, et publiée lundi.

Ces grands groupes ont affiché une marge nette moyenne de 13 % entre 2017 et 2025, contre 3,5 % pour l'ensemble de l'industrie agroalimentaire française entre 2018 et 2024, détaille cette étude.

"Les trois quarts de ces négociations (commerciales) portent sur ces multinationales. Donc l'effort peut être fait là, pour satisfaire à la fois le consommateur - des prix accessibles - et préserver l'amont - agricole et PME", a encore souligné Judith Jiguet lundi matin.

L'Ania a de son côté déploré que "la FCD refuse de s'asseoir à la table avec les ministres, mais trouve le temps de publier une étude hors sujet", qui "ne reflète en rien la réalité des entreprises qui produisent en France".

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