( AFP / LOIC VENANCE )
Aura Retail, centrale d'achat française des distributeurs Intermarché, Auchan et Casino, a été sanctionnée d'une amende de 5,46 millions d'euros pour n'avoir pas respecté l'année dernière la date limite fixée pour boucler les négociations commerciales avec certains fournisseurs, a annoncé mercredi la Répression des fraudes.
Sont reprochés à la centrale d'achats alimentaires, basée à Massy (Essonne), "18 manquements à son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs au plus tard le 1er mars 2025", précise la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans un communiqué.
De son côté, Aura Retail a annoncé qu'elle formerait "un recours administratif", dénonçant dans un communiqué "une sanction disproportionnée et un cadre réglementaire incohérent".
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et industriels mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon des produits (hors marques propres des distributeurs).
Seuls les distributeurs sont sanctionnés en cas de non respect de la date butoir, une spécificité française régulièrement dénoncée par le secteur.
"Cette approche (...) introduit un réel déséquilibre dans la conduite des négociations commerciales", estime Aura Retail, selon qui les retard épinglés par la DGCCRF concernent "18 grandes multinationales".
En outre, fait valoir la centrale, "la loi n'exige pas la signature de l'accord, mais uniquement l'existence de celui-ci", des délais de signature pouvant exister avec la finalisation de l'écriture des contrats.
Il y a deux semaines, la société dédiée aux achats non alimentaires (Aura Retail Achats non alimentaires) avait écopé d'une amende de 147.000 euros pour des motifs similaires (12 manquements).
Le mois dernier, à deux semaines de la fin des négociations 2026, Eurelec, la centrale d'achat européenne d'E.Leclerc, basée à Bruxelles, avait été sanctionnée d'une amende de plus de 33 millions d'euros pour "70 manquements à son obligation de signature" avec ses fournisseurs français au plus tard le 1er mars 2025, après une sanction record de 38 millions d'euros en 2024.
Fustigeant un système "à bout de souffle" - expression récemment employée par le ministre du Commerce Serge Papin au sujet des négociations commerciales - Aura Retail "appelle à l'ouverture d'une vraie réflexion".
Elle plaide notamment "pour la suppression de la date butoir pour les grandes multinationales et pour des négociations différenciées avec les TPE/PME".
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