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Mouvement des lycéens : des avocats dénoncent des gardes à vue pour "terroriser"
information fournie par AFP 07/10/2026 à 09:19

Mouvement des lycéens : des avocats dénoncent des gardes à vue pour "terroriser" ( AFP / DAMIEN MEYER )

Mouvement des lycéens : des avocats dénoncent des gardes à vue pour "terroriser" ( AFP / DAMIEN MEYER )

Plusieurs avocats d'adolescents placés en garde à vue lors du mouvement des lycéens réclamant davantage d'enseignants et de moyens ont dénoncé auprès de l'AFP des violences physiques, des insultes et des "tentatives d'humiliation" de la part de policiers, qui ont laissé des mineurs "terrorisés", selon eux.

"Quand on ouvre la porte" du commissariat, "qu'il y a 47 kilos et 1,56 m derrière, c'est spécial comme sentiment", témoigne Ainoha Pascual, qui a assisté, dans la capitale, trois adolescents.

"Je sens qu'ils sont terrorisés", poursuit l'avocate, membre de la Legal Team Paris, un des collectifs d'avocats qui ont fait des violences policières une de leurs spécialités.

"Une très grande majorité arrive en garde à vue blessés", après avoir "pris des coups de matraque" ou avoir "été tirés au sol", affirme-t-elle.

"On n'a pas une seule interpellation qui se passe sans que les lycéens décrivent une insulte, une gifle, un maintien de la tête au sol, des étranglements", abonde Prisca Ancion, du collectif action judiciaire (CAJ).

"Il n'y a pas du tout d'adaptation des pratiques" des policiers "par rapport à leur minorité", déplore cette pénaliste, ayant assisté une "petite dizaine" de jeunes en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise.

Le mouvement, parti mi-septembre du Val-de-Marne, s'est étendu dans tout le pays. Les lycéens dénoncent l'insalubrité de certains bâtiments, des classes et des emplois du temps surchargés, des professeurs non remplacés ou encore les inégalités liées à Parcoursup.

Onze enquêtes ont été ouvertes à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, pour des violences imputées à des policiers ayant entraîné de graves blessures.

Dossiers "vides"

Les commissariats sont par ailleurs le théâtre de "violences psychologiques" et d'"insultes racistes", affirme Me Ancion. "On les fait ramper comme un chien pour ramasser des affaires".

"Il y a systématiquement des tentatives d'humiliation", abonde Me Pascual qui raconte qu'une adolescente a été "emmenée pieds nus au commissariat" alors qu'elle avait "demandé aux policiers" de ramasser ses chaussures perdues lors de son interpellation.

Même indignation dans le sud-ouest de la France. "On parle de mineurs qui ont passé la nuit en geôle sans matelas, sans couverture", relève Ludovic Tardy, à Pau, qui a assisté ce week-end trois mineurs.

Se tiennent des interrogatoires tendus, rythmés de sarcasmes. "Avoir cours de 8H00 à 18H00? C'était pareil pour nous, connard !", aurait ainsi lancé un policier parisien à un adolescent, selon son conseil qui témoigne sous couvert d'anonymat pour protéger le mineur.

"Des officiers de police judiciaire passaient en se moquant du droit au silence adopté par mon client : +Ca ne sert à rien, ton avocat te conseille mal+", se souvient aussi Me Théo Kermagoret, intervenu pour des adolescents à Sarcelles.

La pénaliste Clothilde Legros prédit de son côté de "nombreuses plaintes pour faux en écriture publique", une infraction criminelle, "s'il est établi par des vidéos que les procès verbaux ne correspondent pas à la réalité des opérations policières".

Ces avocats s'inquiètent aussi des conditions d'accès à un avocat. Camille Duprié, membre du CAJ, affirme avoir été empêchée d'assister un lycéen. Les policiers lui ont reproché de "racoler des clients", assure-t-elle, avant de la contraindre à quitter les lieux.

Des entraves servant à camoufler des dossiers "vides", accusent plusieurs avocats.

"Les parquets ont été saisis sur l'ensemble du territoire de la commission de graves faits de violences contre des policiers ou gendarmes, personnels de l'enseignement ou élèves, et de dégradations par moyens dangereux", dément de son côté la Conférence nationale des procureurs généraux, dans un communiqué.

Ce n'est pas le vécu des robes noires interrogées par l'AFP. Un avocat bordelais ayant requis l'anonymat raconte avoir assisté un jeune de 15 ans "auquel on reprochait une intrusion dans un établissement, où il s'était en réalité réfugié pour échapper à une nasse". "L'enquête a été classée mais il a quand même passé la nuit en garde à vue, très inquiet", déplore le Bordelais.

Le client de Chirinne Ardakani était encore plus jeune: 14 ans. "Son seul tort était de s'être arrêté aux abords d'un lycée, qui se trouvait sur le chemin de son collège", affirme-t-elle.

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