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Mort d'El Hacen Diarra en garde à vue: sa famille dénonce une deuxième "altercation violente"
information fournie par AFP 27/02/2026 à 12:44

Manifestation à Paris, le 21 février 2026, pour réclamer justice pour El Hacen Diarra, décédé en janvier en garde à vue dans un commissariat ( AFP / Charlotte SIEMON )

Manifestation à Paris, le 21 février 2026, pour réclamer justice pour El Hacen Diarra, décédé en janvier en garde à vue dans un commissariat ( AFP / Charlotte SIEMON )

L'avocat de la famille d'El Hacen Diarra, mort en janvier dans un commissariat parisien, a dénoncé vendredi une deuxième "altercation violente" postérieure à l'interpellation, et demande la récusation des juges chargés de l'enquête.

La nuit du 15 janvier, les trois policiers qui ont violemment interpellé ce Mauritanien de 35 ans, l'un lui assénant deux coups de poing alors qu'il était maintenu au sol, ont d'abord été entendus par des policiers du commissariat centre de Paris.

Devant ces fonctionnaires, avant que la police des polices (IGPN) ne soit saisie, un policier a déclaré que M. Diarra avait, au moment de la fouille en garde à vue, "tenté de retirer son bras" de la menotte et de "quitter son siège pour fuir", avant que ses liens soient resserrés et qu'il soit replacé sur le banc, où il cessera ensuite de respirer, a appris vendredi l'AFP de source proche du dossier.

Un autre policier explique avoir "placé une main sur (la) tête" de M. Diarra lorsqu'il a "commencé à s'agiter" en s'appuyant sur le mur avec ses deux pieds. Il se serait ensuite laissé "tomber volontairement au sol", selon ce policier, qui assure l'avoir "maintenu" avec son autre main "pour qu'il ne se blesse pas", a ajouté cette source, corroborant des informations également publiées par Le Monde.

Jusqu'à présent, le parquet, seule autorité judiciaire habilitée à s'exprimer sur des investigations en cours, n'avait pas fait état d'éléments sur la fouille de M. Diarra.

L'information judiciaire, ouverte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l'autorité publique", doit permettre de "vérifier et établir plus exactement le déroulement des faits", a commenté vendredi le parquet, interrogé par l'AFP.

"Les investigations ne sont évidemment pas terminées", a-t-il ajouté. Les juges sont "en attente du retour des examens médicaux complémentaires demandés, et la commission rogatoire confiée à l'IGPN est toujours en cours".

Pour Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille qui dénonce des violences policières, les policiers ont "dès la nuit des faits fait état, dans un procès-verbal, d’une tentative d’évasion au commissariat du 20e arrondissement de Paris pour justifier une altercation violente".

"Nous avons donc aujourd’hui la certitude qu’il y a eu deux épisodes violents contre M. Diarra: une première fois durant l’interpellation, avec un plaquage ventral et un étranglement ayant duré entre 3 et 5 minutes, puis des violences commises dans la salle de fouille du commissariat du 20e arrondissement", affirme-t-il.

Il dénonce une "omission délibérée dans les communications officielles" et demande en conséquence "la récusation des magistrats instructeurs afin que ce dossier soit confié à d'autres magistrats, capables d'agir dans le respect de la loi et sans biais".

La défense des policiers n'a pu être jointe ou n'a pas souhaité commenter.

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