(Rpt titre)
par Holger Hansen et Matthias Williams
Le chancelier Friedrich Merz a déclaré que l'Allemagne devait "se ressaisir" sous peine d'être laissée pour compte dans un monde en pleine mutation, lors d'un discours prononcé mardi devant des représentants syndicaux qui a suscité huées, sifflements et cris de désapprobation.
Après un an au pouvoir, la popularité de Friedrich Merz a chuté et son gouvernement est empêtré dans des débats sur l'ampleur et la rapidité des réformes à mener dans la plus grande économie européenne pour relancer la croissance et faire face à l'explosion des coûts de santé et des retraites.
L'accueil sceptique réservé au chancelier par les délégués représentant les travailleurs des secteurs industriel, public et de celui des services reflète une bataille plus large au sein de la politique allemande sur le rythme du changement, à un moment où les partis traditionnels perdent des voix au profit de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), le parti d'extrême droite en pleine ascension.
Les conservateurs de Friedrich Merz et leur alliés sociaux-démocrates au sein d'une grande coalition, doivent se réunir plus tard dans la journée pour aplanir leurs divergences, Friedrich Merz et son vice-chancelier Lars Klingbeil rejetant les suggestions selon lesquelles leur coalition pourrait s'effondrer.
Après deux ans de récession, l'Allemagne a renoué avec la croissance à la fin de l'année dernière, mais cette reprise fragile risque d'être étouffée par le choc énergétique induite par la guerre en Iran et par les nouveaux droits de douane américains visant des constructeurs automobiles déjà en difficulté face à la concurrence chinoise.
"Les défis sont d'autant plus grands que nous nous sommes nous-mêmes créé des problèmes depuis bien trop longtemps, des problèmes que nous devons désormais résoudre. Nous avons tout simplement échoué à moderniser notre pays", a déclaré Friedrich Merz devant la Confédération allemande des syndicats.
"L'Allemagne doit donc se ressaisir. Elle doit s'attaquer aux problèmes structurels que nous repoussons depuis de nombreuses années, des problèmes qui, de ce fait, n'ont cessé de s'aggraver. Vous le savez, nous le savons tous".
Friedrich Merz a estimé que coûts élevés et bureaucratie nuisaient aux entreprises, mettant en péril l'emploi et la prospérité des générations futures.
Mais son plaidoyer en faveur d'une réforme du système de santé et de celui des retraites - ce dernier ayant été qualifié par Friedrich Merz d'une simple question "mathématique et démographique" - a été accueilli par des huées, des sifflements et de rires sporadiques, tandis que certains membres de l'audience brandissaient des pancartes représentant un pouce vers le bas.
(Rédigé par Matthias Williams; version française Rihab Latrache; édité par Benoit Van Overstraeten)

2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer