Montage de photos d'archives réalisé le 16 septembre 2026 et montrant, de gauche à droite, les candidats à la primaire sociale-démocrate à la présidentielle de 2027, Olivier Faure, Emmanuel Maurel, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann ( AFP / Bertrand GUAY )
A quelques jours du premier tour, les cinq candidats de la primaire de la gauche sociale-démocrate ont continué dimanche à se diviser sur la question d'une alliance avec Jean-Luc Mélenchon, lors d'un dernier débat télévisé sur BFMTV.
L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, les députés PS Jérôme Guedj et de la gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, qui espèrent représenter la social-démocratie en 2027, ont comme lors des précédents débats, affiché leurs divergences sur une éventuelle alliance avec La France insoumise aux législatives.
Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj y sont résolument opposés. "Jean-Luc Mélenchon n'est pas Voldemort" - du nom du puissant sorcier maléfique de la saga Harry Potter - mais un "boulet" pour la gauche, a affirmé M. Guedj. Ce dernier a aussi accusé Olivier Faure, qui estime nécessaire le rassemblement de la gauche à l'Assemblée, de "tous nous fragiliser" en laissant "entendre que nous aurions des passerelles possibles" avec LFI.
Visant également Raphaël Glucksmann, le premier secrétaire du PS l'a accusé en retour d'avoir à "un moment fait le choix de la défaite" en ayant "déjà admis que la gauche ne pourrait pas gouverner et serait obligée d’une alliance avec la droite".
Alors que Raphaël Glucksmann a répété son hostilité à LFI, Ségolène Royal a dénoncé le "hold-up" que le candidat de Place publique mène sur le PS, l'accusant d'être venu dans la primaire car il "n'a pas réussi à créer une dynamique avec son parti politique", et d'accabler la formation de Jean-Luc Mélenchon pour "justifier l'alliance avec la droite".
"Wonder Woman"
L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche sociale-démocrate, après sa visite de l'usine Renault de Cléon, en Seine-Maritime, le 2 octobre 2026 ( AFP / Guillaume SALIGOT )
"Un pur procès d'intention", a déploré M. Glucksmann, affirmant qu'il n'avait aucune intention de diluer la famille sociale-démocrate, ni dans le mélenchonisme ni dans la droite".
Ce procès en "macronisme" qui est intenté à M. Glucksmann s'est trouvé renforcé par la proposition de Gabriel Attal, samedi, de former une "grande coalition" en vue de la présidentielle, citant nommément le leader de Place publique.
Ses soutiens se sont empressés dimanche de fermer la porte à cette offre, soucieux de se débarrasser de cette encombrante étiquette.
L'eurodéputé, qui fait figure de favori avec ses 10 à 12% dans les intentions de vote pour la présidentielle, s'est retrouvé en difficulté dès le début du débat, obligé de s'excuser après ses "propos inélégants" à l'encontre de Ségolène Royal qu'il accusait d'avoir fait "la danse du ventre à Macron" ces dernières années, dans une vidéo diffusée samedi sur les réseaux sociaux.
"Venant de vous, ça m'a particulièrement choquée parce que c'est une agression, en plus à connotation sexuelle", lui a-t-elle asséné.
M. Glucksmann s'est dit "désolé" de ces propos, qui "n'avaient pas vocation à sortir".
Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure participe à un débat sur France 2 et France Inter dans le cadre de la primaire de la gauche, le 1er octobre 2026 à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )
Les candidats ont affiché leur soutien aux revendications des lycéens, Olivier Faure demandant la convocation d'"états généraux lycéens" et déplorant que "70 % des budgets des écoles privées soient sur des financements publics". Raphaël Glucksmann a promis pour sa part une "loi de programmation sur cinq ans" pour l'école publique.
"Avec moi, il n'y aurait pas de mouvement social", a estimé de son côté Ségolène Royal. "C'est un peu wonder woman", a souri M. Faure.
Glucksmann favori
Certains dans l'entourage de Raphaël Glucksmann, estiment qu'il pourrait l'emporter dès le premier tour de la primaire, prévu les 9-10 octobre, le camp d'Olivier Faure, mettent en avant l'inconnue du corps électoral.
Les cinq candidats ne cessent d'appeler les électeurs à venir participer à cette primaire, dont le coût d'adhésion de 15 euros (10 pour le tarif social) reste un frein. Les électeurs ont jusqu'à lundi soir minuit, pour s'inscrire pour le 1er tour.
Après les deux précédents débats, des adhésions supplémentaires ont été enregistrées. La Commission en charge de son organisation table sur plus de 90.000 votants, loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d'électeurs).
L'engouement semble effectivement limité, comme le montre un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche publié samedi: seulement 25% des Français disent s'y intéresser, et 56% des sympathisants socialistes ou Place publique.

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